Audit des dépenses de WN : 179 000 euros injustifiés

La secrétaire d'État Agnès Pannier-Runacher en visite à l'usine WN / © N. Corselle
La secrétaire d'État Agnès Pannier-Runacher en visite à l'usine WN / © N. Corselle

Jeudi dernier, la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie Agnès Pannier-Runacher lançait un audit pour étudier l'utilisation des subventions par la société. Ce jeudi 25 juillet, le résultat est tombé : 179 000 euros de dépenses restent injustifiés.

Par Boris Granger

C'était devenu l'une des questions centrales dans le dossier WN : où sont passés les 12 millions d'euros de fonds public et privé accordés à la société ? Jeudi dernier, la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie Agnès Pannier-Runacher s'était engagée à y apporter une réponse en commandant un audit afin de déterminer si cette somme avait été utilisée à bon escient. Ce jeudi 25 juillet, les premières conclusions sont tombées.
 


Une part de dépenses injustifiées

La majeure partie des fonds de l'entreprise - 2,5 millions d'euros de subventions publiques pour 7,4 millions d'euros de subventions de Whirlpool - ont été utilisés pour des dépenses "dont le lien avec l'activité de l'entreprise a pu être justifié", souligne le communiqué de presse relatif à l'audit. En clair, c'est 98,5 % des dépenses de l'entreprise, soit 11,9 millions d'euros, qui semblent avoir été utilisés pour des frais réguliers de fonctionnement : salaires, investissements (machines, propriété intellectuelle), entretien et maintenance, frais de gardiennage ou encore de déplacement.
 

Mais c'est le 1,5 % restant qui pose problème : en tout 179 000 euros que la société n'a pas été en mesure de justifier et dont le lien avec l'activité de l'entreprise suscite les interrogations des enquêteurs.
 


De écarts importants de rémunération

Chez les salariés, ce sont les écarts de rémunérations qui font grincer les dents. Si le salaire de Nicolas Decayeux n'a volontairement pas été dévoilée, l'audit révèle que quatre cadres de l'entreprise ont touché plus de 100 000 euros par an quand 187 salariés - soit près de 95 % du personnel - ont perçu moins de 50 000 euros. Un constat difficile à expliquer pour une société qui n'a dégagé aucun bénéfice lors de son activité.

Face à de tels résultats, la secrétaire d'État a demandé à ce que l'audit soit transféré au procureur de la République d'Amiens qui décidera des suites à donner à ces informations, sur le plan commercial ou judiciaire.
 

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