Confinement : privés de cours, trois profs de musique d'Amiens proposent des tutos en ligne

Régulièrement privée d'élèves depuis un an à cause des mesures de confinement, la Progressive music school d'Amiens tente de maintenir le lien avec les élèves en faisant des vidéos tutorielles pour les aider à travailler leur talent depuis chez eux. 

Maxime Leroy, Romain Moulin et Stéphanie Gittens-Dardaine n'ont pu donner cours que deux mois cette année.
Maxime Leroy, Romain Moulin et Stéphanie Gittens-Dardaine n'ont pu donner cours que deux mois cette année. © Maëlys Cagnard

La vente de guitares a grimpé de 20% dans le monde en 2020, et les confinements n'y sont pas pour rien. Nombreux sont ceux qui ont décidé d'apprendre à jouer d'un instrument ou à chanter, plutôt que de passer ces longues semaines d'isolement devant des écrans. 

D'ailleurs, la Progressive music school a vu son nombre d'élèves grimper à l'issue de chaque confinement. Ce regain d'intérêt pour la musique fait plaisir à ceux qui l'enseignent, mais les restrictions sanitaires compliquent tout de même grandement la tâche. 

Garder le lien avec les élèves

Les cours de musique, même individuels, sont interdits depuis le début de ce troisième confinement, fin mars. Pour le chant, c'est pire : les cours sont à l'arrêt depuis le mois d'octobre. Mais pour Maxime Leroy, fondateur de cette école amiénoise et prof de batterie, il était impensable de couper le lien avec les élèves. "Moi je fais ce métier pour échanger avec les élèves, et quand on passe de 55h de cours par semaine à zéro, psychologiquement, c'est difficile", nous confie-t-il. Avec ses collègues Romain Moulin (guitare) et Stéphanie Gittens Dardaine (chant), il réalise donc des vidéos tutorielles sur Facebook pour proposer des exercices qui permettront à tous les apprentis musiciens de continuer de progresser, en travaillant chez eux.

L'idée de faire des vidéos lui était venue dés le premier confinement. Au printemps 2020, il se filme devant sa batterie, chez lui, avec son smartphone. Mais à l'époque, on ne sait pas encore que ces restrictions vont durer plus d'un an, par intermittence. "On a fait une belle rentrée de septembre, mais avec le deuxième confinement, au mois d'octobre, on a eu peur que les élèves ne reviennent pas. Ils n'avaient eu que quelques cours avant de devoir s'arrêter deux mois, et même plus pour le chant. Mais finalement ils sont revenus, et je pense que ces vidéos ont permis de garder le lien. Les gens apprécient le fait qu'on fasse des choses pour eux même quand ils ne paient pas."

Alors pour ce troisième confinement, fort de l'aide de ses collègues, il décide d'aller encore plus loin. Les vidéos sont désormais réalisées en partenariat avec le studio d'enregistrement amiénois Horizon Records, on y trouve des exercices, des partitions... et de la bonne humeur. "On a encore quelques cours en visio pour nos élèves, mais les tutos c'est pour toucher le maximum de personnes. Le dernier par exemple, c'est un jeu entre la guitare et la batterie, on sait que c'est utile parce qu'il y a peu de choses qui existent sur internet pour apprendre à jouer ensemble, explique Maxime Leroy. Là, ce sont des exercices qui peuvent convenir aux plus débutants, mais que les autres peuvent facilement améliorer d'eux-même avec des éléments déjà vus en cours par exemple."

Dans l'attente d'une reprise

D'autant que ces fermetures successives sont frustrantes pour Maxime Leroy, qui est revenu à Amiens, sa ville d'origine, en 2019, pour ouvrir cette école. Et qui a connu un succès au-delà de ses attentes : "mon objectif à la base, c'était de réussir à avoir 50 élèves d'ici 5 ans. Finalement, en un an, j'en avais déjà 60 !

S'il n'est pas découragé, il commence à trouver le temps long. "C'est un peu lourd, on est dans le flou complet. On essaie de se renseigner pour organiser les emplois du temps dans le cadre d'une éventuelle reprise, mais on n'a pas d'informations. La préfecture nous a annoncé que malgré la réouverture des écoles primaires, on ne serait pas autorisés à reprendre les cours. On espère rouvrir le 3 mai avec la reprise des collèges et des lycées, mais je ne suis pas très optimiste."

Une situation qu'il a du mal à comprendre, compte tenu des mesures qu'il a mis en place dans son école. "Je ne vous dis pas les centaines d'euros investis dans le gel, les masques... on a même acheté des plexiglas pour séparer l'élève et la professeure pendant les cours de chant. Ils pourront être 30 dans une classe à l'école, mais à deux dans une salle désinfectée régulièrement, ce n'est pas possible..."

Alors en attendant, pour ne pas perdre la main ou pour découvrir, rendez-vous sur leur page Facebook, ou la chaîne Youtube du réseau à laquelle l'école d'Amiens appartient. Ce troisième confinement est peut-être l'occasion de se mettre à la musique pour être capable, qui sait, de jouer dans les rues pour la fête de la musique dans deux mois !
 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
musique culture confinement santé société covid-19