Coronavirus : une soixantaine de députés, dont Barbara Pompili, lancent une consultation sur l'après-confinement

Depuis ce samedi matin, les citoyens peuvent s'exprimer directement sur le site internet. / © FTV
Depuis ce samedi matin, les citoyens peuvent s'exprimer directement sur le site internet. / © FTV

Ce samedi 4 avril, la plateforme "le jour d'après" a été mise en ligne. Imaginée par une soixantaine de députés, elle entend donner la parole aux citoyens pour préparer la suite du confinement.

Par Boris Granger

La réflexion de l'après-confinement doit être menée dès aujourd'hui : c'est la conviction partagée par la soixantaine de députés qui lancent, ce samedi 4 avril, le jour d'après. Une plateforme consultative sur laquelle les citoyens français sont invités à contribuer. Soit en formulant directement des propositions, soit en apportant de la documentation aux débats, soit en participant à des ateliers en vidéoconférence.
 

"Ne pas répéter les mêmes erreurs"

"Nous traversons une crise sanitaire, économique et sociale grave qui a mis en lumière un certain nombre de nos faiblesses, constate Barbara Pompili, députée de la Somme et signataire de l'appel à contribution. C'est tous ensemble qu'il faut qu'on pense à l'après, pour ne pas répéter les mêmes erreurs." Santé, travail, social, consommation, éducation : les participants sont appelés à s'exprimer sur onze thématiques différentes.

Et à peine le site lancé ce samedi, le succès est au rendez-vous. En une matinée, plus de deux millions de visiteurs se sont rendus sur la plateforme qui compte déjà près de 370 clics par seconde. Une affluence que les développeurs n'avaient pas anticipée - le site peine à se charger - et qui va nécessiter quelques adaptations dans la configuration. "La preuve qu'il correspond aux attentes d'une partie des citoyens", pour Barbara Pompili.
 

Priorité aux malades et aux soignants

Une partie des citoyens, parce qu'il y a aussi tous ceux qui, dans l'urgence, travaillent à limiter la crise au quotidien. Ceux-là n'auront pas nécessairement le temps d'exprimer leur opinion. "Bien sûr, la priorité, c'est indiscutablement de s'occuper des malades et on n'oublie pas les soignants, poursuit la députée samarienne. Mais c'est le meilleur service que peuvent leur rendre tous ceux qui sont coincés chez eux et qui ont du temps."

L'idée d'offrir une plateforme d'expression populaire n'est pas nouvelle chez les parlementaires à l'initiative du projet - dont la plupart sont issus de la majorité présidentielle - et s'inscrit dans le prolongement de la consultation citoyenne de 2019. Une manière aussi pour les députés d'exercer leur rôle de relais à l'heure du confinement et de recréer du lien.

Cette crise nous donne l'occasion de tirer des leçons de passé et de tester de nouveaux outils démocratiques. Beaucoup de gens profitent de ce temps de réflexion pour questionner le monde dans lequel on vit car on prend conscience que, la crise passée, les choses ne seront pas comme avant.

 

Un mois de consultation

Parmi les premières idées proposées : une revalorisation salariale des personnels soignants ou la mise en place d'un revenu universel dès l'âge de 18 ans. Des revendications qui ne datent pas d'aujourd'hui et qui n'avaient pas jusqu'alors retenu l'attention du gouvernement, engagé dans un rapport de force avec une partie de la population quand le coronavirus a commencé à se propager en France. Reste à déterminer si la crise actuelle a réellement changé la donne.

"Une fois la consultation terminée, on va compiler les propositions auxquelles on adhère pour les porter au niveau législatif, conclut Barbara Pompili. Plus les gens participeront, plus on aura de poids dans les débats pour instaurer un rapport de force bienveillant avec le gouvernement." La plateforme, dont le démarrage s'avère prometteur, reste ouverte aux contributions jusqu'au 3 mai, date à laquelle les parlementaires commenceront leur travail de compilation des propositions retenues.
 

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