Covid-19 : la Biobanque de Picardie, sélectionnée pour participer à une étude sur l'évolution de l'immunité collective

Le centre de ressources biologiques (CRB) du CHU d'Amiens contribue au projet national EpiCov. Son rôle : traiter et conserver 30 000 prélèvements sanguins, avec l'objectif in fine d'évaluer le statut immunitaire de la population face à la Covid-19.

 

 

La Biobanque de Picardie va traiter et conserver 30 000 prélèvements sanguins dans le cadre du projet EpiCov.
La Biobanque de Picardie va traiter et conserver 30 000 prélèvements sanguins dans le cadre du projet EpiCov. © CHU Amiens-Iminance

Où est en l'immunité collective face au virus ? C'est une des questions à laquelle tente de répondre le centre de ressources biologique du CHU d'Amiens, en participant à une grande étude, le projet EpiCov. Une enquête nationale promue par l'Institut national de santé et de la recherche médicale (Inserm) et la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) du ministère de la Santé. Elle porte sur 200 000 personnes âgées de plus 15 ans, en métropole et Outre-mer.

30 000 prélèvements sanguins traités à Amiens

Ces Français sélectionnés de façon aléatoire doivent répondre à un questionnaire, et pour la moitié d'entre eux, effectuer un prélèvement sanguin. Sur 100 000 échantillons, 30 000 seront confiés à la Biobanque de Picardie. Les autres seront répartis entre les CHU de Bordeaux et de Montpellier.

"Les personnes ont reçu un kit de pour s'auto-prélever, et déposer ensuite quelques gouttes de sang sur un buvard", explique Yves-Edouard Herpe, responsable de la Biobanque de Picardie. Ces buvards leur sont envoyés progressivement par la Poste, depuis début novembre. Six techniciens de laboratoire sont alors chargés d'enregistrer les informations du patient volontaire, puis de classer les échantillons, selon différents critères : le territoire, à plus ou moins grande échelle, ou encore si plusieurs prélèvements proviennent d'un même foyer.

 

Nous allons puncher ces buvards, c'est-à-dire les trouer pour en faire 4 confettis, que nous mettons ensuite dans des petits tubes, congelés à -80°C avant d'être envoyés le plus rapidement possible à l'IHU de Marseille pour être analysés

Yves-Edouard Herpe, responsable de la Biobanque de Picardie

Les chercheurs de l'Inserm devront alors déterminer si le patient a développé des anticorps, signe "qu'il a été en présence du virus".

Suivre l'évolution de l'épidémie à long terme

Ce projet de recherche va également permettre de suivre "la dynamique de l'épidémie à court, moyen et long terme", indique le CHU d'Amiens. Une première série de prélèvements, plus limitée, avait déjà été lancée en avril avec le seul concours du centre de ressources biologique du CHU de Bordeaux. Conclusion de cette première enquête, publiée sur le site EpiCov : "en mai 2020, la proportion de personnes âgées de 15 ans ou plus ayant été en contact avec le virus est estimée à 4,5 % en France métropolitaine. Cette séroprévalence était plus élevée à Paris (9,0 %), dans les départements de la petite couronne (9,5 %) et dans le Haut-Rhin (10,8 %)." 

Cette deuxième phase d'analyse devrait se terminer, à priori à la mi-mars. L'opération pourrait être renouvellée une troisième fois. Quant au reste du buvard, la partie n'ayant pas été découpée mais contenant aussi des gouttes de sang, il va être conservé dans les congélateurs de la Biobanque, pour une durée minimum de deux ans. "Voire au-delà", indique son responsable. "Ils pourront être analysés plus tard, supposons avec une nouvelle technologie, ou bien sur une étude totalement différente."

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