Covid-19 - Les infirmiers libéraux demandent de pouvoir vacciner : "ne pas s'appuyer sur nous c'est incompréhensible"

Depuis un décret du 4 mars 2021, les pharmaciens et les sages-femmes sont autorisés à prescrire et administrer le vaccin. Ce qui n'est pas le cas des infirmiers libéraux pourtant habitués à vacciner leurs patients de manière autonome notamment contre la grippe.

Vaccin administré à un patient dans un centre de vaccination de Creil dans l'Oise
Vaccin administré à un patient dans un centre de vaccination de Creil dans l'Oise © FTV

Alors que la volonté du gouvernement est de vacciner le plus grand nombre de personnes, c'est l'interrogation du côté des infirmiers libéraux. Depuis un décret du 4 mars dernier, la prescription des vaccins est autorisée aux pharmaciens et sages-femmes mais pas aux infirmiers.

Une aberration pour Judicaël Feigueux, infirmier libéral à Beauvais et représentant du syndicat Convergence Infirmière : "la majorité de notre patientèle ce sont des personnes fragiles et qui ne peuvent pas facilement se déplacer. Moi je suis en milieu urbain, mais il faut penser aussi aux patients en zones rurales. On a la possibilité de se déplacer à domicile, d'augmenter la couverture vaccinale. Ne pas s'appuyer sur nous c'est incompréhensible."

"Les vaccins, on a l'habitude"

Aujourd'hui, les infirmiers libéraux peuvent administrer le vaccin mais seulement sous couvert d'une prescription médicale. "C'est vrai que l'on ne comprend pas, réagit Virginie Martin, infirmière libérale à Amiens. Pourquoi les pharmaciens peuvent prescrire ? Pourquoi pas les infirmiers en premiers ? D'autant que les vaccins, on a l'habitude." Pour le moment, cette infirmière n'a administré aucun vaccin alors que la demande est grande. "Mes patients me le demandent tout le temps. On sent aussi qu'ils aimeraient que ce soit leur infirmier qui le fasse."

Un sentiment que partage le président de l'ordre national des infirmiers Patrick Chamboredon dans une tribune publiée dans le Journal du Dimanche, cosignée avec Gérard Raymond, président de France Assos Santé. "Nous dénonçons l'incohérence du dernier avis de la Haute Autorité de santé à propos de l'extension des compétences vaccinales, qui ne permet pas de répondre à l'enjeu d'une vaccination massive, partout en France. Incohérence d'autant plus flagrante vis-à-vis du rôle et des compétences des infirmiers, qui sont des acteurs reconnus de la vaccination."

Un besoin d'automonie pour agir rapidement

Les infirmiers libéraux sont en effet en capacité aujourd'hui de prescrire et d'administrer le vaccin contre la grippe. Pour Judicaël Feigueux, c'est la même chose que pour le vaccin anti Covid-19. "L'injection fait partie de notre corps de métier, nous sommes tout à fait habilités à agir en cas de réaction du patient, assure-t-il. On nous dit d'ailleurs que ce n'est pas possible d'assurer tous les vaccins, que c'est contraignant parce qu'il faut attendre 15 minutes, en réalité c'est tout à fait faisable."

En gagnant en autonomie, les infirmiers libéraux pourraient ainsi prescrire, recevoir les doses de vaccins et les administrer sans que le patient ne quitte son domicile. "On nous a dit qu'il fallait aller vite, nous sommes prêts, mais nous voulons avoir les mains libres", affirme Judicaël Feigueux. Côté organisation, l'infirmier indique que des tournées spécifiques pour la vaccination sont envisageables. "Depuis le début de cette crise, les infirmiers, nous ne comptons pas nos heures, on a toujours répondu à toutes les sollicitations, on travaille même sur nos journées de repos. Aujourd'hui, on veut que ça aille vite et on veut surtout retrouver une situation normale."

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