D'Amiens à son arrestation à Argelès-sur-Mer, la cavale du principal suspect du meurtre de Claire M.

Après plusieurs jours de cavale, le principal suspect dans le meurtre de Claire M. à Amiens au début du mois de mai, a été interpellé et placé en garde à vue. Sa soeur et son beau-frère ont aussi été interpellés, suspectés de l'avoir aidé à prendre la fuite et à détruire des éléments de preuves.

Le corps de Claire M. a été retrouvée dans le domicile de son compagnon Gwénael W.
Le corps de Claire M. a été retrouvée dans le domicile de son compagnon Gwénael W. © FTV

Il aura fallu dix jours pour le retrouver, à des centaines de kilomètres de son domicile amiénois. Gwénael W., suspecté d'avoir tué sa compagne Claire M. de plusieurs coups de couteau, a été retrouvé dans un camping à Argelès-sur-Mer, dans les Pyrénées-Orientales, alors qu'il avait modifié son apparence. 

Une fuite bien organisée

Les derniers éléments communiqués par le parquet et la police judiciaire permettent de retracer le parcours de l'homme de 40 ans. Tout commence le soir du vendredi 7 mai, quand la victime se rend chez lui. Le meurtre aurait donc été commis entre ce moment-à et le lendemain soir, quand Gwénael W. se réfugie chez une amie pour y passer la nuit et disparaître le dimanche matin.

Il aurait roulé jusqu'au littoral pour retirer "une importante somme d'argent", avant de revenir vers Amiens. "Puis il a cherché du soutien familial, et son véhicule a été abandonné à Orchies, ce qui est près de la Belgique, a indiqué Romuald Muller, directeur zonal de la police judiciaire de Lille. Cela pourrait laisser penser à une fuite vers la Belgique, mais non, il retourne à Lille pour prendre un train et se rendre sur Lyon."

Une cavale plutôt bien organisée, donc."La capacité à brouiller les pistes, à s'organiser, à être d'un extrême prudence, la modification de son apparence, le fait qu'il soit parti à l'autre bout de la France, qu'il ait utilisé un nom d'emprunt... tout ça montre une préparation, une organisation, une certaine intelligence dans la fuite", a indiqué le procureur de la République d'Amiens Alexandre de Bosschère.

Une soeur et son compagnon soupçonnés de l'avoir aidé

Les enquêteurs soupçonnent l'une des soeurs de Gwénael W. et le compagnon de celle-ci d'avoir aidé le suspect dans sa fuite. Ils ont tous les deux été placés en garde à vue pour deux motifs. "D'abord, le recel de malfaiteur, c'est à dire qu'il a été aidé dans sa fuite, notamment par la fourniture d'un téléphone sous un nom d'emprunt qui a permis de faciliter son départ, précise le procureur. La deuxième infraction, c'est la destruction d'éléments de preuves puisque son véhicule a été mis à l'écart et son téléphone a été détruit, des éléments importants dans le cadre de la recherche des preuves et de la conduite de l'enquête."

Les trois individus vont être déferrés devant un juge d'instruction. Le parquet recquiert leur mise en examen, avec placement en détention provisoire pour Gwénael W. et un contrôle judiciaire pour les deux autres. 

"Il explique de manière partielle son geste"

L'enquête n'a pas encore permis de faire toute la lumière sur les circonstances du meurtre, mais de nouveaux éléments sont apparus lors de la garde à vue de Gwénael W, qui a notamment indiqué avoir consommé de l'alcool et des stupéfiants en grande quantité ce jour-là. "Il explique de manière patielle son geste, c'est à dire qu'il indique qu'il a porté un premier coup de couteau, ensuite il explique qu'il n'a plus de souvenir de ce qui s'est passé, explique le procureur. Il indique qu'il aurait repris ses esprits plusieurs heures après les faits, alors que la scène de crime est déjà nettoyée et le corps déjà emballé dans différentes couvertures ou tapis."

Le corps de la femme de 34 ans avait en effet été retrouvé enroulé dans un tapis, dans le salon du suspect. Dans une précédente conférence de presse, le parquet avait indiqué que la vingtaine de coups de couteau et leur emplacement laissait peu de doutes sur l'intention de tuer. Mère de deux enfants, Claire M. était brancardière et entrenait une relation amoureuse depuis plusieurs mois avec le suspect. Elle s'était rendu chez lui de son plein gré le vendredi 7 mai, et n'a plus donné signe de vie ensuite.

 

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