La Diagonale des Fous 2023, "un rêve qui paraissait quasiment impossible", devenu réalité pour un Amiénois

Le trail de la Diagonale des Fous 2023, qui s'est déroulé du jeudi 19 au dimanche 22 octobre, a notamment été parcouru par un Picard. Adilio Sanches, un Amiénois de 48 ans, qui a pris plusieurs années avant d'accomplir son rêve.

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"Ça fait plusieurs années que ça me trotte dans la tête", dit Adilio Sanches en évoquant la Diagonale des Fous 2023 qu’il a terminée, ce samedi 21 octobre, pour la première fois, à 48 ans. Un accomplissement pour l’Amiénois, qui s’est mis à la course à pied à 25 ans.  

Pour y arriver, il a franchi de nombreux paliers. D’abord en course sur route, du cinq kilomètres au marathon. "Et je me suis dit que j'allais commencer à voir d'autres paysages et faire des courses en nature." C’est ainsi qu’il se lance dans le monde du trail. Après avoir arpenté tous ceux de la Somme, il découvre les sentiers du Nord, de la région parisienne et de la Normandie. "J’avais soif de distance", évoque-t-il.  

La Diagonale des Fous, un rêve lointain

C’est donc naturellement qu’il s’est tourné vers les hauteurs, "un monde complètement différent. Mon premier trail en montagne, c'était un 20 km, à Méribel, en 2015. J’ai adoré et j'ai pris le virus en montagne." Depuis, tous les étés, Adilio Sanches s’évade en altitude pour participer à des courses. Comme sur route, il allonge progressivement les distances jusqu’aux courses très renommées de l’UTMB, à Chamonix, sans participer à la plus populaire, le 100 miles faisant le Tour du Mont Blanc et regroupant les meilleurs traileurs et traileuses du monde. 

"Après, je me suis dit, il faut que je monte encore." Il a alors commencé sérieusement à se projeter sur la Diagonale des Fous, il y a deux ans. "Un rêve qui paraissait quasiment impossible." Il faut dire que les chiffres donnent le tournis. 165 kilomètres, 10 000 mètres de dénivelé positif, parcourus par les meilleurs en plus de 23 heures. Adilio a mis plus de 44 heures, soit deux nuits pour accomplir son objectif.

Après une inscription en octobre 2022, il a voué toute sa préparation à cet événement, en parallèle de son métier d’agent de fabrication et de son activité de photographe. Une course "mythique au point de vue ambiance, renommée et difficultés". 

Un départ inoubliable

L’aventure réunionnaise a commencé le jeudi 19 octobre, à 21h00. Happé par l’ambiance, et sûrement tous les mois de préparation, Adilio décrit un départ des grands jours. "On est tellement pris dedans. J'ai ressenti l'ambiance du départ comme une fête nationale. Les Réunionnais sont tellement à fond qu’ils nous transportent par leur positivité et par leur encouragement."

Parti dans la nuit, le coureur a attendu les premières lueurs du soleil, pour admirer la beauté des paysages de l’île de l’Océan Indien, et apprécier la dualité entre la montagne, théâtre de la course, et l’immensité d'eau. "Je ne garde que des bons souvenirs." 

Bien préparé, Adilio a rencontré les premières difficultés, seulement lors de sa deuxième nuit. "J’ai commencé à avoir des difficultés à l'estomac vers deux, trois heures du matin", après 100 kilomètres parcourus. "Mon corps me disait qu’il fallait que je dorme. Je ne pouvais plus rien manger et j’avais envie de vomir parce que mon corps n'était pas encore habitué à autant d'efforts en montagne.

"20 minutes de sommeil pour remettre son estomac en place"

Adilio Sanches, traileur amiènois

C’est dans un des lits mis à disposition dans les camps de base de ravitaillement qu’il va se régénérer, en vingt minutes. Pour ne pas dormir plus que prévu, les coureurs sont aidés par un responsable qui surveille le temps indiqué pour se reposer.  

20 minutes auront suffi à Adilio pour "remettre son estomac en place. Comme si je repartais de zéro. J'ai déroulé", indique-t-il. La gestion de la nuit est un facteur important de ce type de course très longues durées, pour ceux qui passent plus d’une nuit sur les chemins. Lors de la préparation, “on apprend à courir avec la fatigue, la nuit, après le travail, tôt le matin” pour préparer son corps du mieux possible.  

Au final, Adilio a géré sa course et sa fatigue au-delà de ses espérances. Il pensait faire deux sessions de sommeil et arriver au stade de la Redoute, lieu d’arrivée, entre 48h et 50h après le départ. Mais il a arrêté le chronomètre à  44 heures 23 minutes et 59 secondes. "Je me suis étonné. J’ai fini dans un état de fraîcheur qui m'a surpris."

De nouveaux sommets dans deux ans

Pauline, sa conjointe qui l’accompagne dans toutes ses courses, l’a aidé tout au long de son périple, pour l’assister sur les ravitaillements, pour lui soigner ses blessures. “La seule qui pouvait me remonter le moral quand j'étais au bout du rouleau.” Des dizaines de supporters picards l’ont encouragé durant la course à travers les réseaux. Un soutien qu’il constatait sans cesse à chaque ravitaillement. "J’entendais mon téléphone faire bip, bip, matin, midi et soir. Je m’étais obligé à finir par rapport à eux."

Après avoir réalisé ce premier rêve, Adilio Sanches récupère tranquillement de son exploit. Il a désormais deux ans afin de se projeter vers sa future grande course. Pour ses 50 ans, il souhaite s’offrir l’UTMB, le Tour du Mont-Blanc : 171 km, 10 000 mètres de dénivelé, à travers la France, l’Italie et la Suisse.