La température baissée à 12 degrés dans les gymnases d'Amiens : "des fois, j’ai l’impression qu’il fait plus froid dans la salle que dehors"

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Écrit par Lucie Caillieret .

C'est une des mesures prises par la métropole d'Amiens pour réduire sa consommation énergétique : baisser la température dans les gymnases à 12 degrés. "Trop froid" pour les joueurs de basket ou de volley, contraints d'adapter leurs pratiques, face au retour des températures hivernales.

Frédéric Domon, entraîneur à l’ASCBB (Amiens Sporting Club Basket Ball), fait face à une situation compliquée. Ses quelques 200 licenciés s’exercent dans les gymnases Georges Cuisset et La Hotoie, à Amiens, où le chauffage a été baissé de deux degrés. Température : 12°. "Des fois, j’ai l’impression qu’il fait plus froid dans la salle que dehors", déplore-t-il.

"Normalement, les joueurs s’entraînent en short. Là, ils s’adaptent avec des collants ou joggings. On ne peut pas dire que ce soit pratique…" L’entraîneur quant à lui, reste en doudoune. "Lorsque je finis à 22 heures, après 4 heures d’entraînement, je peux vous dire que je suis frigorifié."

Pour les petits, qui commencent le basket dès l’âge de 7 ans, c'est encore pire. Durant les entraînements, les parents les accompagnent et ils bougonnent parfois face à la température.

Frédéric Domon

Entraîneur à l’ASCBB

Ce club de basket n’est pas le seul concerné. Début novembre, la métropole d’Amiens a dévoilé un plan pour réduire la consommation énergétique de ses bâtiments. "Réguler et abaisser la température de chauffage dans les gymnases" est une des 13 pistes évoquées. "Je comprends, mais ça engendre des désagréments", déplore Frédéric Domon.

Des risques de blessures

Au-delà du confort, l’entraîneur s'inquiète pour ses basketteurs. "Parfois, le revêtement est humide, ce qui rend le sol glissant. Pour faire des arrêts, c’est compliqué."

Un avis partagé par Ali Nouaour, manager général de l’AMVB (Amiens Métropole Volley Ball) : "Je suis pour un plan sobriété, pas pour blesser les joueurs."

Certes, les volleyeurs sautent et sont en mouvement. Mais quand une balle attaque au niveau des doigts, s’ils sont froids, on ressent beaucoup plus les douleurs !

Ali Nouaour

Manager général de l’AMVB (Amiens Métropole Volley Ball)

"Notre sport se pratique en intérieur pour plusieurs raisons", rappelle Sofiane Djoudi, responsable technique de l'AMVB. "Ce n’est pas comme au foot, on a peu d’allers-retours. Au volley, c’est un petit terrain, on a moins de déplacements et on est des fois en attente."

Habituellement, l’équipe première s’entraîne au Coliseum. "Trop froid", estime Ali Nouaour qui a même sorti le thermomètre : "Mercredi, on avait 12,3° au début de l’entraînement. À la fin, 11,5°." 

L’entraîneur s'adapte : des entraînements réduits d'une demi-heure, des exercices qui s’enchaînent plus rapidement et des délocalisations au gymnase La Paix, mieux chauffé.

Du chauffage au cas par cas

Sur les 74 disciplines sportives présentes au sein de la métropole d'Amiens, certaines ont pu bénéficier de dérogations. C’est par exemple le cas de clubs de gymnastique ou tennis de table.

"C’est une discipline qui peut se jouer très longtemps, en simple ou en double, jusqu’à 3 ou 4 heures d’affilée", justifie Guillaume Duflot, vice-président de la métropole en charge des Sports. "Il a donc été décidé de chauffer à 14° lors des entraînements, 18° en compétition."

Si l'élu affirme ne pas avoir de "retours massifs" de la part des clubs, il reste vigilant : "On est très attentif au bien-être, à l'intégrité physique de chaque sportif. On ne prendra pas de risque […] On étudiera au cas par cas ce que l'on peut faire. Mais tout en demandant un effort à chacun."

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