"Le président est assez fantomatique", "le recrutement n'est pas bon" : les supporters de l'Amiens SC sont en colère

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Écrit par Mary Sohier
Les banderoles déployées samedi 23 octobre.
Les banderoles déployées samedi 23 octobre. © Jean-Louis Croci

Après sa victoire (3-0) face à Valenciennes, l'Amiens SC est actuellement 18e du championnat. Les supporters de la Tribune Nord ne décolèrent pas. Ils pointent du doigt la responsabilité de Bernard Joannin, le président du club et de John Williams, le responsable du recrutement.

L'ambiance n'était pas à la fête en tribunes ce samedi 23 octobre. Avant le coup d'envoi face à Valenciennes, les supporters du kop nord de l'Amiens SC ont sorti six banderoles à l'encontre des dirigeants. "Je réitère mes erreurs chaque saison", "Je trahis mes supporters"... pouvait-on notamment lire.

Pendant le match, aucune animation, pas de chant... La Tribune Nord est restée muette. "On a décidé de faire cette action après la défaite à Dijon. On a fait douze heures de car pour voir le match, et les joueurs n'ont rien montré. C'était trop", raconte Nicolas Versaen, trésorier de l'association Tribune Nord Amiens. "On voulait faire un geste fort, tirer la sonnette d'alarme", ajoute Julien Galiani, supporter.

Après treize journées, et malgré la victoire (3-0) contre le VAFC, l'ASC est, pour le moment, 18e du championnat, une place synonyme de barrage. 

Le président du club attaqué

Dans le viseur notamment des supporters, Bernard Joannin, le président de l'Amiens SC. Ce samedi, la Tribune Nord a brandi une pancarte avec Bernard Joannin déguisé en clown. "On a l'impression qu'il gère le club comme une société de spectacles. Sauf que là, il n'y a pas de spectacle", explique Nicolas Versaen. "En plus, il est assez fantomatique. On ne le voit pas beaucoup, on n'a jamais eu de réunion avec lui", ajoute-t-il.

Julien Galiani n'est pas tendre non plus avec le président : "On ne le voit quasiment pas. L'année dernière, il est même parti en vacances pendant le mercato. Pour être honnête, je pense que Joannin n'a pas l’amour du blason, du maillot, de l'Amiens SC. Pour lui, c’est un hobby."

"Je comprends le côté critique des supporters sur la qualité du spectacle produit et du manque de résultat, rétorque le président de l'Amiens SC. Mais je ne peux pas accepter leur critique de la gestion du club. Lorsque je l'ai repris, il avait des fonds propres à hauteur d'un million d'euros, nous avons multiplié par 15 cette capacité financière à faire face à ces dettes, nous avons un club qui n'est pas endetté. Ils oublient très rapidement tout ce qui a été fait de positif, vous vous rendez compte, nous avons passé 3 années en Ligue 1."

Le recrutement pointé aussi du doigt

À la fin de la rencontre entre Amiens et Valenciennes, les Ultras ont scandé "Williams démission". Confirmé à la tête de la cellule de recrutement de l'ASC, poste qu’il occupe depuis janvier 2015, John Williams est aussi pointé du doigt par les supporters. En cause ? Un recrutement "tardif", selon certains. "Kader Bamba et Matthieu Dossevi, par exemple, sont arrivés dans les dernières heures du mercato. Le défenseur Mateo Pavlovic, pareil. Ce n'est pas normal. Les joueurs ne se connaissaient pas et n'ont pas eu le temps de se préparer avant la saison", détaille Julien Galiani. "Donc on en veut un peu à John Williams", ajoute-t-il.

Le trésorier de la Tribune Nord Amiens est, lui, plus sévère avec le responsable du recrutement : "clairement, on réclame sa démission. On ne le trouve pas bon." Le supporter critique les choix de John Williams : "il mise trop sur des jeunes qui ne sont pas forcément concernés par le projet du club. Ces joueurs vont rester un an au club. Ça manque d’expérience, de joueurs qui connaissent la Ligue 2."

"Est-ce que vous pensez que Kader Bamba et Mateo Pavlovic auraient accepté de venir début juillet ? Bien sûr que non, répond Bernard Joannin. Ces joueurs-là attendaient une place en Ligue 1, ils ne l'ont pas trouvé donc ils ont accepté notre offre. Nous sommes qu'au 13e match voyons où sera le club en fin de parcours."

Prochain match : samedi 30 octobre à Bastia. "Gagner en Corse, ça va être difficile", admet Julien Galiani. "Si on revient avec un nul, ça sera déjà bien", estime Nicolas Versaen. Pour autant, les supporters se veulent "optimistes" pour le reste de la saison. "Les automatismes entre les joueurs vont arriver. Et puis le classement est très serré. Je pense qu'on peut encore finir dans le top 10", se met à espérer Julien Galiani. Les supporters ne feront pas de nouvelle action lors de la prochaine journée.

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