Avec leur spectacle "S.T.O.P" des jeunes des quartiers Nord d'Amiens sensibilisent sur les violences sexistes

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Peu avant le confinement, le 23 octobre dernier, une vingtaine de jeunes ont présenté leur spectacle S.T.O.P au théâtre Jacques Tati à Amiens. Un projet préparé depuis un an avec l'association Cité Carter afin de sensibiliser aux violences sexistes.

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Ils ont choisi S.T.O.P pour dire non aux violences sexistes. S.T.O.P parce que l'acronyme peut aussi avoir plusieurs significations : "Salope, traînée ou putain.", "Solide tribu opposée au patriarcat", "Sur terre on progresse."
 C'est avec ce message fort, qu'une vingtaine de jeunes des quartiers Nord et Sud-est d'Amiens ont pris part au projet développé par la Cité Carter. Depuis une dizaine d'années déjà, l'association travaille sur la position et la représentation des femmes dans les arts. C'est donc dans le cadre du festival Witches Week, dont la seconde édition a eu lieu numériquement en novembre, qu'elle a imaginé monter un spectacle sous forme de "comédie musicale urbaine."
 

Un mélange de slam, arts visuels et musique

Depuis octobre 2019, lors d'ateliers réalisés durant les vacances, ces jeunes âgés de 12 à 20 ans ont travaillé avec plusieurs artistes et techniciens. "On a eu des discussions très longues avec eux pour connaître leur ressenti, percevoir leurs idées, leur vécu sur le sujet. Au départ on voulait parler de la place des femmes dans les quartiers et puis c'est en discutant avec eux qu'on est plutôt parti sur le féminin dans l'espace public", explique George Santos de Oliveira, responsable de l'association Cité Carter. 

Afin de créer un spectacle qui leur ressemble, les jeunes ont choisi de partir sur des textes slamés qu'ils ont peaufiné avec Benjamin Lechable et l'artiste amiénois Jî Drû, directeur artistique du projet. Pour la mise en scène basée notamment sur le travail de la lumière, l'association s'est tournée vers le photographe Seka dont les photos ont été projetées sur un écran durant le spectacle. "Les jeunes ont adhéré au projet dès le début, ils nous ont fait confiance et on s'est rendu compte qu'ils avaient beaucoup de choses à dire. Tout s'est très bien passé avec en plus, beaucoup de bienveillance entre eux", affirme George Santos de Oliveira. 
 
Si certains n'ont pas souhaité monter sur scène, ce projet était aussi l'occasion de montrer tout leur talent. "Je pense à une jeune fille en particulier, même si elle n'est pas sur scène, elle a fait un super travail. Elle a une aisance pour écrire qui est incroyable", confie-t-il. 

Un court-métrage en préparation

Plusieurs représentations du spectacle devaient avoir lieu en plus de celle du 23 octobre au théâtre Jacques Tati à Amiens. Toutes ont été annulées à cause du confinement, notamment celle prévue le 20 novembre au centre culturel Léo Lagrange. "On voulait faire tourner ce spectacle dans différents quartiers et pas uniquement dans leur quartier à eux. Interpeller le public où qu'il soit, indique le responsable de l'association Cité Carter. On aimerait peut-être trouver une date en 2021, mais cela reste compliqué."

Le projet n'est pas pour autant terminé. Dans sa continuité, l'association imagine d'un film de 5-10 minutes reprenant les images, les musiques, et mettant en scène les jeunes et leurs textes. "On a déjà des idées, on a commencé à réaliser un premier montage, on aimerait bien pouvoir le diffuser l'année prochaine, sûrement sur internet pour que les jeunes puissent aussi se l'approprier et communiquer dessus", annonce George Santos de Oliveira. 

En parallèle, toujours en collaboration avec les artistes Jî Drû et Seka, l'association a développé un projet intitulé "Genré" en partenariat avec le ministère de la Culture et la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) des Hauts-de-France.
L'occasion de questionner le genre dans l'espace public grâce à une exposition visuelle et sonore où les spectateurs sont invités à participer. Une dizaine d'interventions sont prévues au total dans différents endroits du département de la Somme.