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Meurtre d'Isabelle Mesnage : des mutilations “signées Rançon” selon l'avocate de la famille

Jacques Rançon lors de son procès, le 5 mars 2018, pour le viol et le meurtre de deux jeunes femmes à Perpignan / © RAYMOND ROIG / AFP
Jacques Rançon lors de son procès, le 5 mars 2018, pour le viol et le meurtre de deux jeunes femmes à Perpignan / © RAYMOND ROIG / AFP

Durant sa garde à vue mardi, Jacques Rançon a avoué le meurtre d'Isabelle Mesnage, dont le corps avait été découvert en 1986 à Cachy dans la Somme. Jointe par téléphone, l'avocate de la famille de la victime, Me Herrmann nous a confié qu'elle avait reconnu le mode opératoire du tueur.

Par E.E avec R.I

Que savez-vous des aveux de Jacques Rançon?

Je sais juste qu’il est passé aux aveux ce matin à la 45e heure de garde à vue et qu’il les a réitérés devant le juge d’instruction.

Je sais aussi qu’il n’a pas fait des aveux secs, mais qu’il a donné des éléments et des détails. Ce qui est important pour la suite de l’enquête et pour la famille, qui a des questions à lui poser. Ils ont besoin d’obtenir des réponses aux questions qu’ils se posent depuis plus de trente ans : pourquoi elle ? pourquoi là ?
 

Quand j’ai vu les photos de la scène de crime, j’ai tout de suite identifié des plaies et des traces qui me paraissaient signées.


Comment avez-vous été mise sur cette piste ?

On a l’habitude de travailler sur des dossiers non résolus et d’étudier les profils des tueurs. Je m’intéressais depuis longtemps au dossier Isabelle Mesnage. Quand j’ai vu les photos de la scène de crime, j’ai tout de suite identifié des plaies et des traces qui me paraissaient signées. Connaissant le mode opératoire de Jacques Rançon et les faits qu’il avait commis, car c’est quand même rare qu’il y ait ce type de mutilations sur un corps, j’ai tout de suite fait le rapprochement.
 

C’est assez rare qu’on propose un nom de manière aussi détaillée et analysée, mais ça semblait évident.


On a notamment travaillé sur une ordonnance de mise en accusation de Perpignan, dont les détails nous ont permis de conforter notre analyse et de soumettre au parquet. On n'a proposé que cette piste-là.

C’est assez rare qu’on propose un nom de manière aussi détaillée et analysée, mais ça semblait évident. Il y a des cas qui ne se discutent pas et je salue le travail du parquet, des magistrats : leur travail a été exemplaire. On est tous très vite tombés d’accord, avec les enquêteurs et les médecins légistes.

Dans quel état d’esprit est la famille depuis les aveux ?

Ils sont bouleversés aujourd’hui… Pendant 33 ans, ils ont tellement entendu de choses, que pour eux, tout ça était voué à l’échec. Ils avaient un espoir, mais il était mesuré. On ne leur avait évidemment donné aucun détail sur les mutilations. On n'aborde ça que maintenant… Donc c’est aussi un choc d’apprendre qu’il est poursuivi pour viol : ça n’était pas envisagé sur les premiers faits.
 

Le papa d'Isabelle a 86 ans, mais il ne lâche rien, il veut des réponses, il attend cette confrontation au procès.


Mais en même temps ils sont soulagés. Ils sont dans l’émotion aussi. Et ils ont des questions à poser : pourquoi elle, pourquoi cet endroit ? Quand ils auront les réponses, ce sera une page tournée.

Le papa d’Isabelle est dans la confrontation, il attend ça. Ça va être sa motivation pour amener le dossier jusqu’à son issue. Il a 86 ans, mais il ne lâche rien, il veut des réponses, il attend cette confrontation au procès.


 

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