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Mort d'une patiente à l'hôpital Pinel à Amiens : l'infirmière relaxée va passer devant la cour d'appel

L'avocate de la défense met en cause les conditions de travail à l'hôpital Pinel. / © France 3 Hauts-de-France
L'avocate de la défense met en cause les conditions de travail à l'hôpital Pinel. / © France 3 Hauts-de-France

Le tribunal correctionnel d'Amiens avait relaxé, au mois de janvier 2018, une infirmière accusée d'homicide involontaire par négligence. Le parquet a fait appel. L'audience se tiendra ce lundi 11 février. 

Par RI

Les faits remontent à 2009. Angélique, infirmière à l'hôpital Pinel d'Amiens, s'occupait alors seule d'un service de 17 patients. Alors qu'elle préparait le bain thérapeutique d'une patiente, elle a quitté la pièce quelques minutes. Lorsqu'elle est revenue, la patiente était dans son bain, noyée et ébouillantée. Elle assure que lorsqu'elle est partie, la patiente était encore habillée et assise dans son fauteuil roulant, et que l'eau était à 37 degrés, et non à 50 degrés comme cela avait été constaté après le décès. 

Pour Maître Marras, l'avocat d'Angélique, l'appel demandé par le parquet d'Amiens n'a pas de sens. "La relaxe était très motivée en droit, je ne vois pas comment une autre décision pourrait être rendue.", explique-t-elle. "Pour caractériser l'homicide involontaire, il faudrait qu'il y ait soit une faute caractérisée, et le tribunal correctionnel n'avait pas considérer qu'aller aux toilettes en était une, soit qu'il y ait eu une violation manifestement délibérée de la loi du règlement, ce qui n'est pas le cas non plus." 
 

Seule pour 17 patients


L'avocate rappelle que sa cliente "ne pouvait absolument pas se douter de ce qui arriverait", et affirme que "les conditions de travail à Pinel, qui ne se sont pas améliorées depuis d'ailleurs, sont à l'origine de tout ça." Et d'ajouter : "C'est une affaire politique. On veut faire d'Angélique le bouc émissaire, alors qu'elle était seule pour 17 patients." Lors du procès, une aide-soignante appelée à témoigner avait d'ailleurs déclaré "Si elle n'avait pas été seule ce jour-là, cet incident ne serait pas arrivé."

Enfin, elle pose la question de la responsabilité de la direction de l'hôpital. "Il y a visiblement eu un dysfonctionnement sur le mitigeur, comment se fait-il que l'eau sortait à 50 degrés alors qu'il était réglé sur 37 degrés ? Le magistrat instructeur aurait pu se pencher là-dessus. À mon sens, pénalement, la direction du centre hospitalier aurait pu être poursuivie."

L'audience aura lieu ce lundi 11 février après-midi.

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