Somme : un chercheur lance un appel aux dons pour financer ses travaux sur les effets des pesticides chez les abeilles

Faute de financements, Michel Sokolowski enseignant-chercheur à l'université d'Amiens lance un appel pour soutenir ses recherches sur les effets des pesticides chez les abeilles. 

 

 

Enseignant-chercheur à l'université d'Amiens, Michel Sokolowski s'intéresse depuis près de 18 ans aux abeilles.
Enseignant-chercheur à l'université d'Amiens, Michel Sokolowski s'intéresse depuis près de 18 ans aux abeilles. © Michel Sokolowski

Michel Sokolowski est chercheur-enseignant à l’université d’Amiens et depuis près de 18 ans, il s’intéresse aux abeilles et à leur miel. Début janvier, il a lancé une campagne de financement participative pour l’aider dans ses recherches. Originaire de Liomer dans la Somme, l’enseignant passe l’essentiel de son temps à chercher des dispositifs innovants autour de l’abeille.

Ma caractéristique, c’est que je développe techniquement les outils que j’utilise

Michel Sokolowski, enseignant-chercheur



"J’ai d’abord commencé au fond de mon jardin puis progressivement, mes travaux ont pris un peu d’ampleur. […] Ma caractéristique, c’est que je développe techniquement les outils que j’utilise", raconte Michel Sokolowski. Ainsi, le chercheur a développé une plateforme complète d’expérimentation et un système adapté à l’étude des abeilles en vol libre afin de mesurer leur comportement et contrôler les conditions de butinage. Son projet d’ici quelques années : étudier l’effet des pesticides sur les abeilles.

Ces boîtes sont des fleurs artificielles connectées. Elles sont capables de reconnaître l’identité des abeilles grâce à un QR code sur leur dos. Elles permettent aussi de mesurer le flux de nectar que les butineuses font entrer dans la ruche.
Ces boîtes sont des fleurs artificielles connectées. Elles sont capables de reconnaître l’identité des abeilles grâce à un QR code sur leur dos. Elles permettent aussi de mesurer le flux de nectar que les butineuses font entrer dans la ruche. © Michel Sokolowski

"J’ai pu récemment observer que les néonicotinoïdes pouvaient affecter le cycle d’activité jour/nuit des abeilles", explique Michel Sokolowski. Il continue : "Normalement, elles sortent le jour et sont en activité réduite la nuit. Mais avec certains néonicotinoïdes, les abeilles ne savent plus si on est en plein jour ou en pleine nuit".

Vendre du miel pour financer ses recherches

Mais si son projet est louable, l’universitaire manque de financements : "La recherche scientifique en France est largement sous-dotée financièrement, obligeant les chercheurs à passer parfois l’essentiel de leur temps à trouver de l’argent pour mener leurs travaux", explique-t-il. "Je n’ai pas d’autre solution que d’essayer de collecter quelques milliers d’euros pour essayer d’autofinancer mes recherches par la vente de miel".

Ainsi, Michel Sokolowski a lancé en début d’année une campagne de financement participative sur la plateforme Miimosa.com. Intitulée "Du miel pour financer la recherche chez l'abeille", l’argent récolté permettra à Michel Sokolowski de financer l’achat de ruches et de colonies supplémentaires. Le miel fabriqué sera ensuite vendu et les bénéfices réinjectés dans ses recherches : "J’ai 5/6 ruches, avec ça on ne produit pas beaucoup. Donc l’idée, c’est de passer à la vitesse supérieure au niveau de mon rucher et de passer à une quarantaine de ruches d’ici deux ans", précise le chercheur.

La campagne se termine le 14 février 2021 et pour l’instant 3325 euros ont été récoltés pour un objectif de 5000 euros.

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