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Tribune, affiches, comités : Ruffin veut un référendum contre Macron (et la privatisation d'ADP)

Le député présente son affiche "méchante" en faveur d'un référendum sur ADP. / © François Ruffin
Le député présente son affiche "méchante" en faveur d'un référendum sur ADP. / © François Ruffin

Avec - entre autres - une tribune dans Le Monde cosignée par 136 personnalités, le député de la Somme François Ruffin veut utiliser la bataille du RIP sur la vente des aéroports de Paris comme fondement d'un mouvement populaire contre Emmanuel Macron.

Par Mickael Guiho

Rassembler 4,7 millions de signatures. C'est la nouvelle marche que doivent franchir les opposants à la vente du groupe Aaéroports de Paris (ADP), vers l'organisation - improbable - d'un référendum d'initiative partagée (RIP). Mais alors que la collecte des signatures n'est pas encore ouverte, un homme se lance dans la campagne : François Ruffin.

Le député LFI de la Somme ne se met pas (encore) en avant. Il n'apparaît qu'en simple "signataire" de la tribune publiée ce mardi dans Le Monde. Un texte engagé, pour l'organisation du RIP mais aussi contre les privatisations en général et la politique économique du gouvernement, signé par 136 personnalités

Pourtant, l'entourage de François Ruffin confie que c'est bien lui qui est à l'initiative. L'équipe de Picardie Debout ! aurait démarché son cercle restreint, après quoi chacun aurait fait fonctionner son réseau, pour arriver à ce casting large et divers.

Sont ainsi rassemblées des figures communiste (Marie-George Buffet), insoumise (Manon Aubry), écologiste (Dominique Bourg) et une proche du candidat PS-Place publique aux Européennes (Claire Nouvian), aux côtés de militants syndicaux (CGT et SUD Solidaires), du philosophe Michel Onfray, ou encore des humoristes Pierre-Emmanuel Barré et Guillaume Meurice. 
 
 

L'appel à un "désaveu géant"


Pour François Ruffin, le RIP est devenu une obsession. Ce serait enfin l'occasion de rassembler les opposants à Emmanuel Macron autour d'une cause, qui dépasse le dossier d'Aéroports de Paris.

Pas étonnant donc que dans la tribune, après avoir souligné qu'il ne faut "pas laisser ce trésor à Vinci, qui a déjà emporté nos autoroutes", le discours s'élargisse. Dénoncant les "mots cadavres" que seraient "concurrence", "croissance" et "déficit", le texte annonce"une épidémie de pétitions", "par-delà les chapelles et les querelles, les « avec gilet » et les « sans gilet »".

Un discours anticapitaliste et rassembleur, qui rappelle l'esprit d'une certaine... France insoumise.
 

70 000 affiches et des comités "Référendum!"


Au moment où le parti politique de Jean-Luc Mélenchon traverse une grave crise après son échec aux Européennes, François Ruffin, bien que siégeant au groupe LFI à l'Assemblée, continue de tracer son propre chemin.

"La tambouille, ça nous passionne pas. Alors, on bosse!​​​​​", peut-on lire en bas d'une récente vidéo de sa chaîne YouTube. L'insoumis Insoumis explique qu'il préfère se donner "une campagne" : "on la mène au coude-à-coude, ça crée de la solidarité (...) c'est comme ça qu'on se remet en ordre de marche".

Alors le député a fait imprimer deux affiches, chacune en 35 000 exemplaires. "La gentille" appelle à soutenir le référendum parce que "le ciel est à nous !", tandis que "la méchante" oppose "Macron" et "démocratie". Un matériel de propagande qui sera distribué, à qui le veut, dans toute la France.
 

François Ruffin prépare aussi une plateforme internet (en construction au moment où nous écrivons) pour "rejoindre" ou "proposer des actions".

Enfin, dès demain, il sera à Nantes pour lancer un "comité Référendum !". "Le premier", précise l'élu, sans qu'on sache encore combien pourraient être créés ensuite.
 

Passe d'armes avec Edouard Philippe


Cet après-midi, le député était encore à Paris, à l'Assemblée nationale. Lors des questions au gouvernement, il s'est fait remarquer en déclarant qu'Edouard Philippe s'était "étranglé" à l'idée que le RIP aboutisse, et qu'il aurait "peur des signatures". Une raillerie qu'on trouvait déjà dans la tribune du Monde.
 

"Aucune votation, aucune élection ne fait peur aux démocrates", lui a rétorqué le premier ministre... avant d'évoquer le résultat de la France insoumise aux Européennes (6,31%). "Il y a quelques mois, celui qui dirige votre formation politique a dit qu'il voulait faire des élections européennes un référendum, contre le gouvernement et contre le Président de la RépubliqueEh bien je crois, M. le député, que les Français ont voté." 

Une réponse du tâcle-au-tâcle, sous le regard amusé de Jean-Luc Mélenchon lui-même.
 

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