Des gîtes artificiels pour chauves-souris installés dans une école de Doullens après la destruction involontaire de leur habitat

Des gîtes artificiels pour chauves-souris ont été installés dans l'école des Tilleuils de Doullens, à la suite de la découverte d'une maternité de cette espèce, durant l'été. Une partie de celle-ci a été malencontreusement détruite par des travaux d'isolation thermique du bâtiment.

Des locataires particulières à l’école des Tilleuils de Doullens. Au cours de l’été, des travaux étaient prévus sur ce bâtiment, pour l’isolation thermique par l'extérieur. "En entreprenant ces derniers, une maternité de chauves-souris a été découverte et en partie détruite" involontairement, raconte Ludivine Leite, chargée d’études "Faune protégée et Bâtiments" à Picardie Nature.

Des gîtes artificiels pour réparer leur habitation détruite

Ces chiroptères appartiennent à l'espèce : la pipistrelle commune, "l’une des plus courantes" précise-t-elle. Pour information, il y a 21 espèces présentes en Picardie. La pipistrelle commune est identifiable assez facilement. "L’été quand les lampadaires sont allumés, on voit souvent des chauves-souris voler dessous. C'est une des rares espèces qui le fait", décrit la chargée d'études. Normalement, les chauves-souris sont lucifuges, c'est-à-dire qu'elles fuient la lumière.

Contrairement à la plupart du temps, Claude Debuire, le maître d’œuvre a bien réagi, en appelant Picardie Nature dans la foulée de la découverte et d’une partie de la destruction de la maternité. "On est intervenu rapidement pour gérer la problématique initiale d’individus en détresse, mais aussi pour la compensation de la perte initiale du gîte", explique-t-elle. Le but est de reformer ce dernier de manière artificielle, afin que toutes les conditions thermiques et hygrométriques soient réunies pour élever des jeunes chauves-souris.

Les critères de logement d'une maternité de chauves-souris : chaleur, sécurité, et calme

Il faut savoir qu’on parle de maternité de chauves-souris car les femelles se regroupent entre elles, sans les mâles, afin d’élever leur bébé. "Une maman chauve-souris fait un seul bébé chauve-souris par an. C'est tout, ce n’est pas comme les souris où on en a 15. Et elles ont un très fort taux de mortalité. Donc c'est-à-dire que 50% des jeunes ne passent pas la première année", explique Ludivine Leite. Une forte mortalité liée notamment à l'hibernation.

Par ailleurs, "toutes les chauves-souris en France sont protégées par la loi", ainsi que leurs gîtes, car c’est une population en déclin. Pour faire face à cette destruction partielle, l’association a mis en place des gîtes artificiels. "Il faut un endroit chaud, un petit peu humide, mais en tout cas, pour les juvéniles, c’est de la chaleur, de la sécurité, de la protection contre d’éventuels prédateurs, et du calme", résume la chargée d’études.

Pas de crainte, elles ne peuvent être dérangées par les bruits de l’école, puisqu’elles logent très haut dans le bardage du bâtiment. D'ailleurs, personne ne savait qu'elles étaient là. Ces gîtes spécialement réalisés pour les petits, peuvent aussi servir pour la suite. Ils peuvent être utilisés comme lieux de résidence pour une nuit lors de la période de transit entre l’hibernation et la maternité, au printemps, puis entre la maternité et l'hibernation, en automne.

La deuxième installation de ce type de gîtes dans la région

Dans ces gîtes, "elles ont tendance à se regrouper, se coller les unes contre les autres. Elles sont vraiment toutes petites", explique Ludivine Leite. Pour vous faire une idée, le corps de la pipistrelle adulte fait la taille d'un pouce. Il est donc impossible d’estimer le nombre de chauves-souris qui logent depuis un bon moment dans l’école de Doullens.

L'installation d'un gîte artificiel pour chauve-souris n'est pas une première dans la région. "Le premier gîte a été installé dans l’Aisne. C'est un prototype qui avait été créé à Bourges par le Muséum d'Histoire Naturelle", détaille Ludivine Leite. Le bon réflexe du maître d’œuvre du chantier, et l’acceptation de l’élu de la commune, Franck Barré, de poser ces gîtes, ont donc permis de redonner à leurs locataires une vie paisible.

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