La FDSEA de la Somme demande au préfet de prendre des mesures contre les dégâts causés par les sangliers

Les sangliers causent de gros dégâts dans les champs où ils piétinent les récoltes et dégradent les cultures. Dans la Somme, la FDSEA a lancé une pétition et demande à la préféte de prendre des mesures pour inciter les propriétaires de bois à chasser davantage.  
Dégâts causés par les sangliers dans un champ aux abords des bois d'Etréjust et Belloy-Saint-Léonard dans la Somme.
Dégâts causés par les sangliers dans un champ aux abords des bois d'Etréjust et Belloy-Saint-Léonard dans la Somme. © FDSEA
Le département de la Somme, dans certains secteurs, n'échappe pas au problème des dégâts causés par les sangliers dans les champs. 

Dans un message posté sur Facebook, la FDSEA a pris de la hauteur à Étréjust et Belloy-Saint-Léonard dans la Somme pour montrer les dommages causés dans les champs après le passage des sangliers.

Des trous, des cultures piétinées, on suit à la trace dans cette photo le passage des sangliers qui se régalent des céréales. 

Dans une pétition adressée à la préféte de la Somme, les agriculteurs demandent à ce que les pouvoirs publics interviennent pour astreindre les propriétaires des bois aux alentours de leurs champs à prendre des mesures telles que la pose de clôtures ou une incitation à chasser les sangliers. Ils réclament également dans cette pétition, l'attribution de plus de bracelets qui donnent le droit de tuer un sanglier et enfin d'ordonner une battue administrative si le problème n'est pas réglé par les deux premières mesures.  

On travaille en concertation avec le monde agricole et le monde forestier dans le département de la Somme

 
"La Fédération des chasseurs de la Somme a payé 400 000€  aux agriculteurs pour les dégâts causés par les sangliers en 2019, sans compter le coût des actions de prévention qui s'élève à 300 000€ . On a posé et déposé 800 km de clôtures. 4000 sangliers ont été tués". Signale Emmanuel Lavoisier, directeur adjoint, et responsable technique à la Fédération des chasseurs de la Somme. "La situation commence à s'améliorer dans notre département par rapport à 2018. La reproduction est moindre car on a peu de fruits forestiers, les sangliers sont friands de glands. Mais il reste des points noirs comme le secteur des marais en Picardie maritime, on incite les chasseurs à prélever davantage de sangliers dans ce secteur en attribuant plus de bracelets. Pour les plans de chasse on travaille de concert avec les agriculteurs, les forestiers, et cela se passe dans notre département. On organise ce samedi 1er février une journée de chasse en Haute-Somme pour faire bouger les animaux et favoriser le prélévement. Quand il y a des dégâts, on incite les chasseurs et les propriétaires des bois à chasser plus" .       

Effectivement, les sangliers trouvent refuge dans les terres marécageuses, car le biotope leur est favorable. "Ils sont en grand nombre dans les cultures de maïs où ils vont être tranquilles et couverts, et dans les champs de pommes de terre car la tubercule de pomme de terre est facile à arracher". Ajoute Denis Bully, Le président de la FDSEA de la Somme.   

Réguler la population de sangliers

La prolifération des sangliers devient une véritable calamité, aussi bien pour les agriculteurs que pour les chasseurs obligés d'indemniser les victimes des dégâts.

Deux battues administratives ont eu lieu en début et fin d'année 2019, sur autorisation préfectorale dans les marais de la Haute-Somme et dans le secteur de Montdidier. C'est le dernier moyen au problème de surpopulation de sangliers lorsqu'il y a des dégâts dans les cultures. "On préfére prévenir les propriétaires de bois qu'ils doivent chasser plus avant d'en arriver là", raconte Denis Delattre, le vice-président de la FDSEA de la Somme. "Pour les bois d'Étréjust et Belloy-Saint-Léonard, les propriétaires sont conscients du problème et ils ont commencé à chasser. Nous ne sommes pas en guerre contre les chasseurs ou les propriétaires de bois ou même le sanglier, on veut juste exercer notre métier et récolter le fruit de notre travail".  

Afin d'indemniser les agriculteurs, la Fédération des chasseurs de la Somme, comme partout en France, collecte des taxes auprès de ses adhérents. Elle distribue des bracelets qui permettent de chasser le sanglier, son prix est fixé à 40 euros dans la Somme. Les fonds récoltés servent à indemniser les agriculteurs victimes de dégâts dans leurs champs et à poser des clôtures électriques par endroit pour protéger les cultures. "Mais aujourd'hui la Fédération des chasseurs de la Somme n'arrive plus à supporter le coût des dégâts". Selon Denis Bully, une obligation qui incombe aux fédérations des chasseurs depuis 1968, et d'expliquer que : "La Fédération a deux solutions, soit augmenter le coût des bracelets, ce qui risque de déplaire à ses adhérents, soit attribuer plus de bracelets pour le même prix aux chasseurs". Cette solution est déjà appliquée par la fédération des chasseurs de la Somme dans certains secteurs, notamment en Haute-Somme.   

De 500€  à plusieurs milliers d'euros de dégâts 

Les sangliers sont responsables de gros dégâts dans les champs de cultures mais aussi dans les prairies et pâtures. "Ils cherchent des vers et font des trous qui ont un impact sur le relief de la prairie", signale Denis Delattre. Pour chiffrer les dégâts dans certaines parcelles on a des dossiers qui vont de 500€ à plusieurs milliers d'euros, avec une franchise qui est de 250€, si le coût des dégats est inférieur à cette franchise, l'agriculteur ne reçoit aucune indemnisation. 

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