"On se demande ce qu’on va pouvoir faire" : en pleine rentrée universitaire, des étudiants sont toujours sans master

Alors que la rentrée universitaire a commencé et que près de trois millions d’étudiants reviennent sur les bancs des facultés, d’autres, détenteurs d’une licence, sont toujours sans master. C'est le cas de Mathilde, étudiante en droit à Amiens.
Des milliers de diplômés ont été refusé en master.
Des milliers de diplômés ont été refusé en master. © FTV

"Résultats insuffisants au regard de l’ensemble des candidats". Ça y est, Mathilde Garcia est désormais fixée. Sa candidature en master de droit pénal à l’Université d’Amiens a été rejetée lundi 6 septembre, à deux jours de la pré-rentrée. En juillet dernier, nous vous racontions la galère de cette étudiante amiénoise, diplômée d’une licence de droit à l’UPJV et à la recherche d’un master pour la rentrée 2021.

Aujourd’hui, la jeune femme âgée de 20 ans reste en attente de la réponse à une dernière candidature, à Valenciennes dans le Nord. "À Valenciennes, je n’ai jamais eu de réponse. La pré-rentrée, c’était cette semaine et je suis toujours sur liste d’attente", raconte Mathilde Garcia.

Comme elle, des milliers d’étudiants sont toujours sans master. Pour rappel, début juillet, un mouvement #EtudiantsSansMaster a été lancé sur les réseaux sociaux par des étudiants déboutés à travers la France. Une pétition avait rassemblé plusieurs milliers de signatures. À quelques jours de la rentrée universitaire, les posts sous ce hashtag sont toujours plus nombreux.

Mathilde Garcia n’est pas la seule étudiante à obtenir des réponses tardives à ses candidatures.

"On se demande si on ne va pas changer de voie, si c’est vraiment fait pour nous"

Pour la jeune diplômée, cette rentrée 2021 est source d’angoisse et de désillusion : "Pendant l’été on se dit qu’on a encore le temps, puis on arrive début septembre et on voit les gens retourner petit à petit à la fac. Et là, on se demande ce que l’on va pouvoir faire, si on ne va pas changer de voie, si c’est vraiment fait pour nous".

Dans ma tête il y a six mois c’était clair net et précis, je savais où j’allais, tout était prévu. Et là tout est chamboulé et c’est très compliqué.

Mathilde Garcia, diplômée d'une licence de droit à l'UPJV

Alors pour ne pas passer son année à ne rien faire, Mathilde Garcia a essayé de trouver une solution de secours et a cherché d’autres formations dans son domaine auxquelles elle pouvait postuler tardivement. "Je ne pouvais pas attendre tout l’été sans rien. J’ai trouvé des DU sur un an". La jeune femme a ainsi été sélectionnée à Bordeaux pour un DU en Sciences criminelles. Or, elle n’y passera que trois jours par mois. "Il faut absolument que je trouve autre chose à côté. Je suis en pleine recherche d’emploi", continue Mathilde Garcia, qui garde quand même l’espoir d’être prise dans un master à Valenciennes.

"J’ai une licence de droit privé et ils me proposent des masters en droit public, ça n’a rien à voir avec ce que je fais"

Le 25 août, Frédérique Vidal a annoncé la création de 1400 places supplémentaires en master et notamment en droit. Elles s’ajoutent aux 3 000 places annoncées en juillet. "Nous n’avons pas eu vent de la création de quelconques places supplémentaires à Amiens", explique Félix Bodoulé Sosso, président de la Fédération des associations étudiantes picardes (FAEP). En juillet, l’UPJV expliquait déjà qu’il était impossible d’ouvrir des places supplémentaires dans les filières en tension en raison d’un manque de moyens financiers et humains, entre autres.

Alors, la solution pour ces étudiants sans master reste les recours auprès du rectorat. C’est ce qu’a tenté Mathilde Garcia en début de semaine. "J’ai réussi à faire un recours avec mon avis défavorable à l’UPJV, au rectorat, ils ont répondu très rapidement", explique-t-elle, "ils déposent des candidatures à notre place et on est recontacté quand l’établissement aura étudié la demande". De quoi retarder d’autant plus la rentrée. D’autant plus que les propositions de master ne sont pas toujours adéquates : "J’ai une licence de droit privé et ils me proposent des masters en droit public, donc ça n’a rien à voir avec ce que je fais et ce que je veux faire".

Résignés, d’autres, ont été contraint d’abandonner. La FAEP, qui tente de soutenir les étudiants sans master dans leurs démarches, n’a reçu aucune demande d’aide ou de questionnements : "Nous n’avons eu aucune demande… J’ai seulement eu un retour d’un étudiant qui s’est résigné, il a fait le choix de travailler, explique Félix Bodoulé Sosso, face à cette situation, les étudiants choisisse parfois d’abandonner ou bien sont en décrochage". Mathilde Garcia, elle, retentera l’année prochaine. 

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