Une Picarde lance sa marque de vêtements de sport recyclés à partir de bouteilles en plastique ramassées dans la mer

Après un voyage autour du monde, face à de nombreux déchets laissés dans la nature, Marie Jagrik, orginiaire de Brie dans la Somme, décide de créer sa marque de vêtements de sport recyclés. À ce jour, 1000 exemplaires ont été fabriqués à partir de bouteilles en plastique récoltées dans la mer.

Marie Jagrik, fondatrice de la marque Wakae
Marie Jagrik, fondatrice de la marque Wakae © Osmany Tavares Barbosa

C'est lors d'un voyage autour du monde en 2013 et 2014 que Marie Jagrik a le déclic. "Je suis partie 6 mois, et quel que soit le pays visité, en Europe, Amérique ou Asie, j'ai vu des déchets plastique partout : en randonnée, sur la plage, dans la mer... Ça m'a pas mal travaillé, je me suis dit qu'il fallait trouver une solution pour lutter contre cette pollution, mais je ne savais pas comment", confie-t-elle. 

Cinq ans plus tard, alors qu'elle cherche une tenue de sport pour préparer un marathon, la jeune femme, originaire de Brie dans la Somme, se rend compte qu'il est difficile de trouver des vêtements éco-responsables. "C'est souvent du polyester vierge, donc un dérivé du pétrole. Sa fabrication nécessite beaucoup d'énergie et rejette beaucoup de CO2. Les vêtements, en plus, sont fabriqués à l'autre bout du monde. Niveau bilan carbone, c'est catastrophique", indique-t-elle.

10 bouteilles pour un tee-shirt

Ceci étant, le polyester reste la meilleure matière pour les vêtements de sport : légère et qui sèche vite. Heureusement, la jeune femme découvre qu'il est possible d'en fabriquer à partir de bouteilles en plastique recyclées. Le projet est lancé. Marie Jagrik, qui travaillait auparavant dans le marketing alimentaire, décide de créer sa propre marque de vêtements de sport : Wakae.

"Je collabore avec la société espagnole Seaqual qui travaille avec des pêcheurs et des associations de protection de l'environnement. Les bouteilles sont ramassées en Méditerranée et en Atlantique", explique-t-elle. L'un de ses fournisseurs récupère ainsi les bouteilles en plastique qui sont ensuite broyées pour en faire du fil. "Elles sont souvent usées, donc on les mélange avec des bouteilles qui sont issues du tri sélectif en France et en Espagne", ajoute-t-elle. 

Les vêtements sont ensuite fabriqués en Espagne et au Portugal. "Là où certains vêtements vont parcourir 10 000 kilomètres, ici c'est 3 ou 4000 kilomètres maximum", indique la fondatrice de Wakae. En moyenne, une dizaine de bouteilles en plastique sont recyclées pour la confection de chaque article. 

400 articles vendus en prévente

La marque voit le jour officiellement en décembre 2020 après une campagne de crowdfunding réussie. La jeune femme a aussi remporté le trophée Perle de lait qui soutient l'entreprenariat féminin avec à la clé une bourse et un accompagnement sur la gestion de sa société. "Je pensais vendre 200 articles en prévente, et finalement, c'est 400, se réjouit Marie Jagrik. Je vois que c'est quelque chose qui touche beaucoup les gens, qu'ils ont vraiment envie de soutenir des projets comme celui-ci. Particulièrement les sportifs qui tombent régulièrement sur des déchets; que ce soit en ville ou à la campagne, ils sont très sensibles à cette problématique."

Face à ce succès, la production de 600 articles supplémentaires est lancée. Le siège de la marque est situé à Brie, son petit village de la Somme près de Péronne. "C'est chez mes parents, sourit-elle. Je sais au moins que l'endroit ne bougera pas !" La fondatrice de Wakae souhaiterait par la suite développer sa gamme dédiée à la course à pied et pourquoi pas d'ici 3 ans, donner une seconde vie à plus de 100 000 bouteilles en plastique. 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
mode consommation économie écologie environnement