PORTRAIT. Sur les traces de son grand-père à Abbeville, l'escrimeur Corentin Caillet-Duvollet, l'un des plus jeunes maîtres d'armes de France

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Écrit par Eline Erzilbengoa avec Tristan Baudenaille-Pessotto

À seulement 21 ans, Corentin Caillet-Duvollet gère désormais le club d'escrime d'Abbeville après avoir succédé à son grand-père il y a deux ans. Cette passation fait de lui l'un des plus jeunes maîtres d'armes de France.

Il porte désormais le plastron noir, tant convoité du maître d'armes. À seulement 21 ans, Corentin Caillet-Duvollet fait partie des plus jeunes de sa profession.

Un métier qui s'est imposé comme une évidence pour lui. L'escrime, il la pratique depuis tout petit. "À la place de l'atelier de réparation, c'était la chambre de mon frère et moi. Ma mère était éducatrice ici et mon grand-père était déjà président et maître d'armes du club, donc comme on était avec eux, ils avaient installé notre lit ici et la salle, c'était notre terrain de jeu."

Escrimeur doué, il réalise de bons résultats nationaux entre 14 et 17 ans. Puis vient le temps de reprendre le flambeau très vite, dès 19 ans.

Après avoir fondé le club en 1973, véritable institution à Abbeville, son grand-père, François Duvollet décide d'en céder la gestion à son petit-fils en 2020. Corentin découvre alors, tout jeune, le quotidien d'un club escrime. "Ce n'est pas du tout mon truc l'administratif, je pense qu'il y en a plein qui le savent. Mais ce qu'il y a de plus dur, c'est la relation avec les autres, les parents, les élèves, les collègues... Surtout lorsque l'on vous considère comme quelqu'un qui doit savoir. Mais à 19 ans, on ne sait pas forcément tout."

"Il est né dans cette salle"

Depuis, Corentin a pris de l'assurance. Il a obtenu son diplôme de maître d’armes et gère aujourd’hui 80 licenciés : des adultes en escrime loisir et des jeunes en sport études notamment. "Il est bien, il sait sévir quand il y a besoin, mais il rigole aussi avec nous, c'est cool", nous confie un jeune licencié. 

"Quand je fais cours à des élèves, certains me disent que leurs parents ont eu mon grand-père en cours. Et je me rends compte qu'il a laissé une image vraiment positive, souligne Corentin. On me répète souvent qu'il est très fier, moi je lui dois quasiment tout."

François Duvollet n'est d'ailleurs jamais bien loin, très présent pour son petit-fils en cas de besoin. "Je suis très content, parce qu'à 72 balais, je me disais que je n'allais pas pouvoir continuer encore longtemps à mener le club au niveau auquel il est arrivé, confie l'ancien gérant. C'est lui qui a choisi, il est né dans cette salle il y a à peu près 21 ans, il ne l'a jamais quitté donc il a appris à marcher dedans et d'ailleurs il marchait comme un escrimeur."

Pour faire perdurer le club, à l’histoire intimement familiale, Corentin envisage désormais de rénover et d’agrandir la salle, afin d’attirer, pourquoi pas, de nouveaux licenciés.