Pour B. Pompili, le projet éolien près du mémorial de Villers-Bretonneux n'est pas incompatible avec la mémoire du lieu

Alors que le projet d'implantation d'éoliennes à proximité du mémorial australien de Villers-Bretonneux crée l'indignation de certains élus et associations, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, campe sur ses positions.
La ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale le 07/09/2021
La ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale le 07/09/2021 © Sébastien Muylaert/MAXPPP

Lors de la séance des questions au gouvernement mardi 7 septembre à l'Assemblée nationale, le député LR de l'Aisne, Julien Dive, est passé à l'offensive. "C'est un vent de colère qui souffle dans les Hauts-de-France, tant notre région est sacrifiée, défigurée sur l'hôtel des postures", clame-t-il.

Depuis plus de 6 ans, le projet d'implantation d'éoliennes à proximité du mémorial australien de Villers-Bretonneux dans la Somme fait grandement débat. Associations et élus locaux s'y opposent, et même les Australiens s'en inquiètent. Quant à la préfecture de la Somme, elle avait également refusé l'autorisation du projet en 2017, tant il portait atteinte à la mémoire des soldats ayant combattu durant la Première Guerre mondiale. Une position confirmée en première instance par le juge administratif, mais invalidée en appel. En mars dernier, la cour administrative d'appel de Douai émet finalement un avis favorable pour l'implantation de 8 éoliennes.

Seule Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique, pouvait encore s’y opposer et lancer une ultime action devant le Conseil d’État. Ce ne sera pas le cas. "Pouvez-vous nous dire si vous comptez intervenir pour suspendre et mettre fin à ce projet ou considérez-vous que l'histoire et le respect des sites mémoriaux comme celui de Villers-Bretonneux ne mérite pas votre attention ? La transition écologique oui, mais le saccage et le mépris de l'histoire, non !", poursuit Julien Dive en s'adressant aux membres du gouvernement.

"Un lieu de mémoire n'est pas suffisant pour justifier une interdiction d'implantation"

La réponse de la ministre de la Transition écologique, ancienne députée de la Somme entre 2012 et 2020, n'a pas tardé. "Il s'avère que le site de Villers-Bretonneux, je le connais parfaitement pour avoir été à de nombreuses reprises à l'Anzac Day, notamment à la cérémonie du point du jour qui est une cérémonie extrêmement émouvante qui a lieu tous les ans et qui réunit beaucoup d'Australiens et de Néo-Zélandais. Cette préservation de la mémoire, il faut que l'on puisse toujours la faire vivre, mais aussi avec d'autres activités économiques."

En clair, Barbara Pompili ne fera pas machine arrière, malgré les réserves qu'elle avait pu déjà avoir par le passé. "J'avais de nombreuses réserves parce qu'il fallait faire attention à aménager tout cela. Il y a une double jurisprudence qui nous explique qu'être un lieu de mémoire n'est pas suffisant pour justifier une interdiction d'implantation d'éoliennes. Réfléchissons à cela, nous savons que notre territoire est un lieu de mémoire partout. Nous devons trouver les meilleures solutions et je crois que les postures et faire monter les gens contre les autres ce n'est pas une bonne manière de faire de la politique.

Pour rappel, le mémorial australien accueille les sépultures de plus de 2100 soldats tombés au combat en 1918 pour libérer Villers-Bretonneux et empêcher les Allemands d'avancer vers Amiens. Sauf modifications, la mise en service du parc éolien devrait être effective en 2024.

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