Dans la Somme, la perdrix grise souffre du réchauffement climatique et se fait de plus en plus rare

Dimanche 20 septembre, c'est l'ouverture générale de la chasse en plaine en Picardie. Elle concerne la perdrix, le faisan, le lièvre, le lapin et le pigeon. La perdrix grise, oiseau emblématique de Picardie, se fait de plus en plus rare.

La perdrix grise, gibier emblématique de la Somme, se fait de plus en plus rare à cause du réchauffement climatique.
La perdrix grise, gibier emblématique de la Somme, se fait de plus en plus rare à cause du réchauffement climatique. © Fédération de chasse de la Somme
Vendredi 18 septembre, deux jours avant l'ouverture de la chasse en plaine, les perdrix se font recenser à Camon dans la Somme.
 
Pour les observer à découvert, il faut se lever tôt. Les chasseurs suivent attentivement l'évolution des colonies. Aurélie Thaureau est chargée de mission en agro-environnement à la fédération des Chasseurs de la Somme. Derrière ses jumelles, elle compte une à une les perdrix dans les champs. Leur nombre mais aussi leur âge. Et note tout dans un tableau. "Il y a 13 perdrix : un coq, une poule et onze jeunes, annonce-t-elle. C'est une belle colonie : un couple pour onze jeunes, c'est pas mal. Ça ne se voit plus beaucoup. Cette année, on a 50% de poules sans jeunes. La moyenne du département est de trois jeunes par poule".

Un oiseau de climat tempéré


Le faisan profite du réchauffement climatique et fait plusieurs couvées dans l'année, en juin et fin juillet. "Il est plus précoce et moins fragile que la perdrix. On ne fait pas de comptage de lapin mais on voit bien sur le terrain qu'il se maintient très bien, détaille Aurélie Thaureau. Le lièvre aussi. C'est vraiment pour la perdrix qu'on est inquiets."

La perdrix grise, mâle et femelle, est un oiseau de climat tempéré. Elle souffre du réchauffement climatique. De longues périodes de sécheresse, des moissons de plus en plus précoces : sa population a énormément baissé et n'arrive pas à remonter. Ce n'est pas faute d'en prendre soin, comme ici sur les 500 hectares de la société locale. Ses membres passent de plus en plus de temps à agrainer le gibier.

Chaque année, la société de chasse de Camon achète huit tonnes de blé. Mais la difficulté n'est pas vraiment la nourriture. "L'eau, c'est de plus en plus un problème, déplore Robert Carpentier, le président de la Société de chasse en plaine de Camon. Parce qu'on a des moments de sécheresse et de fortes chaleurs. Le gibier ne trouve pas forcément de rosée sur les plantes. Ce matin, par exemple, il n'y avait pas de rosée. Donc si on ne donne pas à boire au gibier, il meurt".

Maintenir l'espèce


Pour aider la perdrix, il faut aussi aménager son habitat. "ll faut faire attention pour sauver l'espèce sur le territoire. Ce n'est pas la chasse qui a eu raison de la perdrix. C'est pour ça qu'on met en place des plans de gestion. Pour maintenir l'espèce, martèle Aurélie Thaureau. Il faut aménager le territoire pour avoir des couverts importants : le perdreau dans ses premières semaines est insectivore. Si on n'a pas de couverts comme la luzerne ou même des haies pour avoir des insectes, si les oiseaux ne trouvent pas d'insectes avant d'être granivores, c'est perdu. Donc il faut vraiment aménager la plaine, abreuver, agrainer pour pouvoir maintenir l'espèce. C'est tout ce qu'on peut faire pour l'aider".

La chasse à la perdrix grise, c'est du 20 septembre du 24 octobre. Vu sa rareté, les chasseurs n'en tireront pas encore beaucoup cette année. "Pas plus de deux perdreau par fusil", précise Robert Carpentier.

 
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