Les Jeunes Agriculteurs de la Somme se sont de nouveau mobilisés ce vendredi 27 décembre dans le cadre du débat sur l'emploi de produits phytosanitaires près des habitations. Des actions qui font suite aux mesures annoncées par le gouvernement la semaine précédente.
Après les "feux de la colère" et les barrages filtrants, les Jeunes Agriculteurs de la Somme ont renouvelé leur mouvement de protestation concernant les zones de non-traitement (ZNT), objets d'une récente annonce par le gouvernement. À Abbeville, Montdidier et Amiens, ses adhérents ont organisé ce vendredi 27 décembre au soir des "opérations coup de poing" : à savoir, notamment, le déversement de terre devant la préfecture du département, entravant la circulation.
Le 20 décembre, trois mois après le lancement d'une concertation publique sur le sujet, le ministère de l'Agriculture a présenté de nouvelles mesures relatives à l'épandage de produits phytosanitaires à proximité d'habitations. Elles comprennent l'instauration de distances minimales de 20 mètres "pour les substances les plus préoccupantes", 10 ou 5 mètres pour les autres, selon le type de culture.
[Communiqué] -? Produits phytosanitaires : le @gouvernementFR renforce les mesures de protection des riverains ?
— Alim'Agri (@Min_Agriculture) December 20, 2019
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Cette décision, applicable en janvier ou en juillet en fonction de la date des semis, a engendré des critiques aussi bien des syndicats agricoles que des associations de protection de l'environnement. Alors que la FNSEA et les JA dénonçaient dès le lendemain des textes "inacceptables pour les agriculteurs", Générations futures fustigeait de son côté des distances retenues "inconséquentes".
[#CP] #ZNT - une profonde incompréhension : malgré des avancées dont la reconnaissance des chartes de bons voisinages initiées par la FNSEA, les textes publiés sont inacceptables pr les agriculteurs. Des mesures de compensation techniques & éco sont indispensables.@JeunesAgri pic.twitter.com/KJVo9WL76z
— La FNSEA (@FNSEA) December 20, 2019
Pour le président des Jeunes Agriculteurs de la Somme, l'un des problèmes est la façon dont ces seuils ont été fixés, symptomatique, selon lui, d'un "agribashing". "Ce que l'on veut, c'est un rapport de l'Anses [l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail, NDLR] sur la nocivité et les distances à respecter", résume Edouard Brunet.
Le gouvernement a de son côté annoncé le lancement d'une étude menée par l'établissement et Santé Publique France. Elle doit porter sur "l’exposition aux produits phytosanitaires couplée à des mesures environnementales dans l’air (intérieur et extérieur) et dans les lieux de vie chez les riverains de zone agricole", et devrait s'étaler sur quatre ans.