Utilisation du 49-3 pour la réforme des retraites : les députés de l'Aisne, de l'Oise et de la Somme réagissent

Samedi 29 février, au 13ème jour du débat à l'Assemblée Nationale sur la réforme des retraites, Edouard Philippe a annoncé que le texte sera adopté selon la procédure du 49-3. Une décision à laquelle les députés de l'Aisne, l'Oise et la Somme ont réagi.

L'annonce de l'utilisation du 49-3 par le Premier ministre Edouard Philippe pour la réforme des retraites a fait réagir plusieurs députés picards.
L'annonce de l'utilisation du 49-3 par le Premier ministre Edouard Philippe pour la réforme des retraites a fait réagir plusieurs députés picards. © Vincent Isore/Maxppp
C'est évidemment dans les rangs de l'opposition qu'il faut aller chercher des réactions à l'utilisation du 49-3 par le gouvernement pour faire passer la reforme des retraites. Les députés LREM ou affiliés de Picardie sont soit concentrés sur le Coronavirus dans l'Oise soit absorbés par la campagne des municipales. 

La première à réagir sur son compte Facebook est l'ex-LREM Agnès Thil. La députée de l'Oise pose la question "quelle démocratie ?".
 
Eric Woerth, député Les Républicains de l'Oise, a annoncé immédiatement après la venu du premier ministre dans l'hémicycle que son parti déposait une motion de censure.
  
Les députés de droite disent ne pouvoir "accepter qu'une réforme, que le gouvernement présente lui-même comme la plus importante de ce quinquennat, puisse ne jamais être votée à l'Assemblée nationale".

Les partis de gauche devraient déposer également une motion de censure contre le gouvernement. 

François Ruffin a réagit vigoureusement dans différents médias. "On est passé en force par dessus la volonté des Français (... ) on est passé en force par dessus l'avis du Conseil d'Etat, on est passé en force par dessus les syndicats et maintenant il s'agit de passer en force par dessus l'Assemblée", a-t-il dénoncé dans les couloirs de l'Assemblée. Le député La France Insoumise de la Somme a déploré que le gouvernement n'attende pas la fin de la conférence de financement : "le calendrier social a été calqué sur le calendrier électoral pour que tout soit terminé avant les municipales. (...) Il y a, je trouve, dans leur manière de faire, une certaine lâcheté de venir utiliser le 49.3 un samedi après-midi en plein moment de coronavirus en pensant que ça passera en catimini".

Colère également du député socialiste de l'Aisne Jean-Louis Bricout. Pour lui, le gouvernement impose aux Français une réforme bâclée. 
Enfin, voix dissonante dans la majorité : celle de Barbara Pompili, députée LREM de la Somme. L'élue tacle à la fois l'impréparation de son propre camp et l'obstruction de La France Insoumise.
 
Avec la procédure du 49-3, le texte sur la réforme des retraites sera considéré comme adopté sans vote. A moins que l'une desmotions de censure déposées soit adoptée par les déptés. Ce qui est peu probable, le gouvernement ayant une large majorité à l'Assemblée nationale.

Samedi 29 février, Edouard Philippe, Premier ministre, est monté à la tribune de l'Assemblée vers 17h30 pour faire cette annonce surprise sous les applaudissements de la majorité. Il justifie cette décision, validée en conseil des ministres à la mi-journée, afin de "mettre fin à cet épisode de non-débat" avec les oppositions, et "permettre à la suite du processus législatif de s'engager".


 
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