VIDÉO. Propos de Macron sur ceux “qui déconnent“ : Martine Aubry veut ”des mots aussi durs pour les évadés fiscaux”

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Lors de ses vœux à la presse, la maire socialiste de Lille a fait l'inventaire des différents propos polémiques du président, avant de s'émouvoir qu'ils ne ciblent que les classes populaires.

Par Quentin Vasseur

Les "salariées illettrées", "ceux qui ne sont rien", "les Gaulois réfractaires", "le pognon de dingue dans les aides sociales", "traverser la rue pour trouver un travail" ou encore "les gens en situation de difficulté qu'il veut responsabiliser parce qu''il y en a qui déconnent"...  

Lors de ses vœux à la presse, la maire de Lille Martine Aubry a égréné les propos polémiques qu'Emmanuel Macron a prononcés depuis le début de son quinquennat. "Il y a un problème !" s'indigne-t-elle "Moi, ça m'a estomaquée !"

 

"Je n'envoie pas un Scud" à Macron


"Moi j’attendrais du Président de la République des mots aussi durs et même plus durs pour les évadés fiscaux, pour les chefs d’entreprise qui s’augmentent quand le pouvoir d’achat de leurs salariés n’augmente pas, quand on part avec un parachute doré alors qu’on a plombé son entreprise, là, rien !" a ajouté l'élue socialiste.
 
Propos de Macron sur ceux "qui déconnent" : Aubry veut "des mots aussi durs pour les évadés fiscaux"

"Je n'envoie pas ce matin un Scud au président de la République" s'est défendue Martine Aubry, qui "ne déteste pas Macron". "Je dis simplement que sa politique n'est pas bonne pour la France"
 

Débat national, Gilets jaunes, ISF...


La maire lilloise n'a pas seulement parlé du chef de l'État, mais s'est également exprimée sur différents sujets de l'actualité, au premier rang desquels le grand débat national, déclarant : "Je ne ferai évidemment pas de débat, mais je serai facilitateur."  "Ce qui peut m'inquiéter, c'est la lettre envoyée par le président de la République" qui "ne dit pas un mot du pouvoir d'achat" et "exclut la réforme de l'ISF", a-t-elle argumenté. "Donc, je pense que les dés sont quand même pipés (...) En tout état de cause, il faudra plus qu'un débat pour sortir de cette crise profonde", il faut une autre  politique, axée sur "le progrès social", a ajouté Martine Aubry.

Elle a également évoqué la crise des Gilets jaunes qui entamera ce week-end sa 10e semaine de mobilisation. "Il faut que chacun retrouve la raison, qu'on désescalade de tous côtés dans les provocations, sinon on ne va pas y arriver", a-t-elle estimé, précisant que "le cœur des revendications des Gilets jaunes, c'est le rejet du libéralisme et de tout ce qu'il entraîne, le financier qui prend la main sur l'économie."
 

Et en matière d'économie, justement, Martine Aubry souhaite comme la CFDT l'organisation "une grande conférence sur les salaires", qui porterait "sur la répartition des richesses entre le capital et le travail"

En matière de fiscalité, elle s'est dite "favorable au retour d'un impôt sur la fortune", "meme si ce n'est pas l'ISF en tant que tel". Quant à "la taxation des carburants les plus polluants", l'une des étincelles qui ont initié la crise des Gilets jaunes, l'édile s'y est dite favorable même si elle admet qu'il faudrait "compenser pour ceux qui ne peuvent pas faire autrement".

Sur un sujet plus léger et local, Martine Aubry s'est dite ravie de la disparition de la Gobee Bike, et s'est dite contre l'arrivée des trotinettes électriques à Lille.


 

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