Lait : nouveau bras de fer entre Lactalis et la FNPL

Le principal syndicat des producteurs de lait condamne la décision du géant laitier de baisser le prix du lait de 5 euros par 1 000 litres.

L'usine Lactalis de Saint-Martin-des-Entrées près de Bayeux
L'usine Lactalis de Saint-Martin-des-Entrées près de Bayeux © France 3 Normandie
La Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) juge cette initiative "injustifiable et injustifiée".

Déjà fin août, le groupe coopératif laitier Sodiaal avait annoncé à ses sociétaires son intention de baisser les prix de 5 euros par 1 000 litres sur l'essentiel des volumes produits (volume A).

La Fédération avait aussitôt condamné Sodiaal et elle a fait de même ce lundi avec Lactalis.

Le géant laitier compte baisser le prix du lait payé aux producteurs dans les mêmes proportions à compter de lundi prochain, le 1er octobre.

Lactalis affirme que ce choix dicté est par la nécessité.

"On est bien conscients que la situation n'est pas rêvée mais Lactalis ne peut pas rester immobile et perdre de la compétitivité" face à d'autres groupes du secteur qui ont pris des décisions similaires, explique un porte-parole du groupe.

cependant, la FNPL condamne "très fermement cette attitude suiviste qui donne des signaux plus que négatifs à toute la filière". A nouveau, les éleveurs laitiers "sont sacrifiés" souligne l'organisme.

Selon lui, "avec des coûts de production qui s'envolent, une revalorisation du prix du lait pour les producteurs s'impose" alors que "l'annonce de Lactalis revient à brader notre matière première".

"C'est toute la valeur ajoutée de la filière qui est en péril", a prévenu la FNPL, soulignant que Lactalis inflige une
"double peine" aux éleveurs en gelant "toute possibilité d'accroissement des volumes alors que la France est
toujours en sous réalisation de son quota".

L'organisme a indiqué qu'il entendait "utiliser tous les moyens pour contester la décision de Lactalis ainsi que celle de Sodiaal", sans autre précision.

Rappelons que la loi de modernisation de l'agriculture voulue par l'ancien ministre de l'agriculture Bruno Le Maire et adoptée en juillet 2010 prévoit de stabiliser les revenus des agriculteurs.


S'agissant de la politique contractuelle, la loi a institué des contrats de vente de produits agricoles, destinés à rééquilibrer les relations entre producteurs et distributeurs.

Ces contrats, écrits, conclus entre producteurs et acheteurs, sont obligatoires, sous peine d'amende, pour les produits destinés à la revente en l'état ou à la transformation, donc, entre les producteurs laitiers et les industriels comme Lactalis.

Ces contrats, d'une durée comprise entre 1 et 5 ans, doivent permettre de sécuriser les revenus des producteurs tout en stabilisant les approvisionnements des acheteurs. Mais au delà, la loi de modernisation agricole a pour vocation de rééquilibrer les relations entre producteurs et distributeurs, sans faire intervenir l'état, c'est-à-dire en renforçant et en consolidant le rôle des interprofessions. 

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