Taux de suicide élevé à Areva La Hague: l'Etat met en demeure la direction

L'Etat a mis en demeure l'usine Areva de la Hague de mettre en place un plan d'action après avoir notamment relevé un "taux de fréquence des suicides" des salariés du site "trois fois supérieur à la moyenne de la Manche".

L'intérieur de l'usine Areva de La Hague (novembre 2011)
L'intérieur de l'usine Areva de La Hague (novembre 2011) © Kenzo Tribouillard, AFP
L'AFP a reçu ce lundi une copie de cette mise en demeure révélée par la Presse de la Manche.

"Le chef de la santé au travail de Areva NC La Hague a souligné dans le rapport d'activité 2011 un taux de fréquence des suicides au sein de l'établissement trois fois supérieur à la moyenne de la Manche, elle-même supérieure à la moyenne nationale", écrit la directrice de l'unité territoriale de la Manche de la DIRECCTE Christine Lesdos dans une mise en demeure.

Des "risques pour la sûreté des installations" 

Le texte, qui invoque des "risques pour la sûreté des installations", est daté du 18 septembre, et a été transmis le 8 octobre au Comité d'hygiène et sécurité (CHSCT) du site.
Ces derniers mois, les syndicats avaient averti à plusieurs reprises que l'usine, où Areva emploie directement 3.000 personnes, et qui concentre la plus grande quantité de matière radioactive en Europe, connaissait un nombre préoccupant de suicides de salariés, chez eux dans la plupart des cas.

L'Etat demande "la mise en place d'un plan d'action permettant l'évaluation et la maîtrise de la charge mentale et physique de travail".
Areva La Hague doit en outre "ramener la durée du travail sur site et hors site du personnel aux limites maximales légales" et "mettre en place un système d'enregistrement automatique du début et de la fin de chaque période de travail".

Le reportage de Stéphanie Potay et de Florine Ehbbah


"L'état de la santé mentale des salariés se dégrade de façon accélérée depuis deux ans", selon le rapport 2011 du chef de la santé du site. 
"Les éléments présentés démontrent l'importance de la charge mentale et physique pour certains salariés qui génèrent des risques pour leur santé et leur sécurité et des risques pour la sûreté des installations", écrit Mme Lesdos.

"Un volume d'heures supplémentaires conséquent a été déclaré en 2011 par des salariés non cadres du service dans lequel un salarié non cadre s'est suicidé en janvier", relève encore la direction du travail.
Le 26 septembre, le secrétaire CFDT du CHSCT du site Thierry Mouchel, avait fait part à l'AFP de ses préoccupations face à la "dégradation de la santé mentale" des salariés et estimé que 2012 allait être "un copié-collé" de 2011.
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