Rochambelle : quels progrès pour la lutte contre le cancer du sein ?

On estime en France qu'une femme sur 9 sera touchée par un cancer du sein dans sa vie. C'est dire l'importance de la mobilisation des Rochambelles. Deux questions aux deux structures qui bénéficieront des fonds de cette course pour comprendre ce que cet argent pourra financer concrètement.

Photo : Matthieu Bellinghen | France 3 Basse-Normandie
Photo : Matthieu Bellinghen | France 3 Basse-Normandie
Demain, samedi 15 juin, 18 000 femmes de tous âges courront  les 5 kilomètres de la Rochambelle pour une cause importante : la lutte contre le cancer du sein. Que représente une telle somme pour financer des projets concrets ? Que va-t-on pouvoir financer ? C'est ce qu'on a demandé à l'association Mathilde et à l'ERI du centre François Baclesse, qui cette année se partagent les fonds récoltés.

Le centre François Baclesse

C'est la première fois que le centre Baclesse est financé par les fonds collectés lors de la Rochambelle. Géraldine Payen, responsable de l'ERI (espace de rencontre et d'informations) et Corinne Delcambre, médecin, nous explique leur projet.
Géraldine Payen et Corinne Delcambre au centre François Baclesse
Géraldine Payen et Corinne Delcambre au centre François Baclesse
GD : L'ERI dont vous êtes responsable va recevoir une partie des 108 000€ reversés par la Rochambelle cette année. Que va-t-on financer avec ce don ?

Géraldine Payen : Le projet, l’idée qui a germé et ce pourquoi les organisateurs de la Rochambelle ont souhaité nous aider, c’est apporter un vrai plus dans la prise en charge des patients. Nous souhaitons créer une salle d’activité physique adaptée où ceux-ci pourraient être accompagnés par un professionnel et faire des mouvements de sport. Ce serait une salle évolutive. Notre axe de travail est l’amélioration du bien-être des patients.

C’est quelque chose qui compte beaucoup car ça aide à mieux vivre le traitement et la maladie. 

Nous réfléchissons aussi à un autre projet. Il s'agirait de la mise en place d’un espace dédié au prêt de prothèses capillaires et accessoires capillaires  en fonction des critères sociaux.

Les bénéfices de l’activité physique sont scientifiquement prouvés. Par rapport à la fatigue, on vit mieux. L’apport est extrêmement important.


Corinne Delcambre : L’activité physique améliore la tolérance à la chimiothérapie (on estime 18% de fatigue ressentie en moins). Elle permet aussi de maintenir son poids malgré le traitement, mais n’a pas que des bénéfices physiques puisque ça permet de conserver sa confiance en soi, de diminuer son anxiété.

L’activité physique devra faire partie des soins de support indispensable en cancérologie.

Cette activité physique est notamment destinée à intervenir après opération chirurgicale. Généralement, les femmes ont des difficultés à bouger leurs bras. Il est question de leur « apprendre » quels gestes faire.

Il s’agit aussi de montrer qu’on peut faire une activité physique pendant une chimiothérapie. Les patients pensent que le traitement les fatigue tellement qu’ils sont incapables de faire une activité physique. Or, plus les patients vivent le plus normalement possible, mieux ils vivent.


L'association Mathilde

Mathilde est régulièrement sélectionnée pour recevoir une partie des fonds collectés par la Rochambelle. Nous avons demandé à Marie-Christine Quertier, responsable médicale de l'association, à quoi servirait les fonds récoltés cette année.
Marie-Christine Quertier, responsable médical de Mathilde.
Marie-Christine Quertier, responsable médical de Mathilde.
GD : Vous vous partagez 108 000€ de dons cette année, 100 000 € l’an dernier. Pour l'association Mathilde, est-ce une grosse somme ?

Marie-Christine Quertier : C’est un apport financier extrêmement important. Pas en terme de fonctionnement et de dépenses courantes car nous recevons des subventions pour cela. Cet argent nous permet de faire des actions hors « cahier des charges ».

Nous avons 2 axes de travail : l’amélioration de la seconde lecture des mammographies par des radiologues dans nos locaux. Et l’amélioration de l’accès au dépistage aux femmes isolées (géographiquement, socialement, etc).

Ce que l’on appelle la seconde lecture est une relecture des résultats d’une mammographie, rendant la détection des cancers plus sûre. La grande majorité des cancers du sein est détectée en première lecture. Cependant, au niveau national, 10% d’entre eux sont détectés grâce à une seconde lecture. Il s’agit souvent de cancers de très petites tailles.


Nous sommes très attentifs à ce qu’on appelle le taux de participation, c’est-à-dire la proportion de femmes ayant bénéficié, via notre intermédiaire, d’une mammographie dans la tranche d’âge des 50-74 ans dans le Calvados. Actuellement, ce taux est de 56,6%. Nous souhaitons améliorer ce taux de participation. Car cela veut dire qu’il y a des femmes qui n’ont jamais fait d’examens. Ce qui nous préoccupe, c’est que les informations circulent, que les femmes soient bien informées en terme de risques et de dépistage.

C’est dans cette tranche d’âge des 50-74 ans qu’il y a le plus de risque. Une femme sur 9 est touchée par un cancer du sein.

GD : Que peut-on financer concrètement avec cet argent ?

M-C Quertier : Nous allons pouvoir améliorer encore les conditions de seconde lecture pour les médecins. Il faut aussi faire des efforts de communication pour améliorer notre visibilité auprès des femmes. Par ailleurs, nous réfléchissons actuellement à proposer un accompagnement visant à assister les femmes dans la démarche de prise de rendez-vous pour un premier examen.


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