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Le débarquement en 10 questions : qui a dirigé l'opération Overlord ?

De gauche à droite : Lieutenant Général Omar Bradley (USA), Commandant en chef de la 1st US Army -
Amiral Sir Bertram H Ramsay (GB), Commandant en chef des forces navales alliées -
Maréchal de l'air Sir Arthur W Tedder (GB), Commandant suprême adjoint des forces alliées -
General Dwight D. Eisenhower (USA), Commandant suprême des forces alliées -
Maréchal Sir Bernard Montgomery (GB), Commandant des forces terrestres alliées -
Maréchal de l'air, Sir Trafford Leigh-Mallory (GB) , Commandant des forces aériennes alliées -
Lieutenant General Walter Bedell Smith (USA), Chef de cabinet du Général Eisenhower
De gauche à droite : Lieutenant Général Omar Bradley (USA), Commandant en chef de la 1st US Army - Amiral Sir Bertram H Ramsay (GB), Commandant en chef des forces navales alliées - Maréchal de l'air Sir Arthur W Tedder (GB), Commandant suprême adjoint des forces alliées - General Dwight D. Eisenhower (USA), Commandant suprême des forces alliées - Maréchal Sir Bernard Montgomery (GB), Commandant des forces terrestres alliées - Maréchal de l'air, Sir Trafford Leigh-Mallory (GB) , Commandant des forces aériennes alliées - Lieutenant General Walter Bedell Smith (USA), Chef de cabinet du Général Eisenhower

Si le débarquement en Normandie a pu réussir, c'est avant tout parce qu'il a été minutieusement préparé, mais aussi parce que la chaîne de commandement américano-britannique avec à sa tête le général Eisenhower  a bien fonctionné ... Malgré quelques divergences de vue entre américains et anglais !

Par Erick Haas

Les origines du débarquement

Depuis 1941, Joseph Staline demande aux alliés d'ouvrir un nouveau front militaire à l'Ouest de l'Europe pour soulager la pression qu'exerce l'Allemagne contre les forces russes à l'Est.
 / © Mais ce n'est qu'à partir de 1943 et notamment de la conférence alliée de Casablanca qui se tient au Maroc du 14 au 24 janvier 1943, qu'elle se concrétise réellement.
En l'absence de Staline, retenu par la situation militaire sur le front russe (bataille de Stalingrad de juillet 42 à février 43), elle réunit le Premier ministre britannique Winston S. Churchill et le président américain Franklin D. Roosevelt.
Les Alliés pensent qu'il est urgent d'ouvrir un second front à l'Ouest, mais ils ne sont pas d'accord sur sa localisation. Roosevelt et son état-major sont partisans d'un débarquement sur les côtes françaises, alors que Churchill est pour une attaque surprise en IItalie qu'il appelle le "Ventre mou de l'Europe".

 / © La décision finale d'ouvrir un nouveau front à l'ouest est prise lors de la conférence de Téhéran, du 28 novembre au 1er décembre 1943, entre les 3 grands dirigeants alliés : Roosevelt, Staline et Churchill.
Il est convenu, parmi les différentes décisions prises alors, qu'un débarquement en Normandie (Opération "Overlord") sera effectué en mai 1944, en même temps qu'une opération de moins grande ampleur, au sud de la France (opération "Dragoon"). Pour des raisons de logistique, l'assaut se fera à partir de l'Angleterre.
Il est également décidé qu'un plan d'actions de désinformation sera mis en place pour brouiller les pistes et désorienter l'ennemi (Opération "Fortitude").

Conjointement avec ces décisions stratégiques, des actions préparatoires à un débarquement de grande ampleur sont engagées. Dés 1941, Winston Churchill avait  chargé Lord Mountbatten de mettre en place  un organisme chargé des "opérations combinées", à savoir des actions de commando de plus ou moins grande ampleur permettant de préparer l'invasion de l'Europe. C'est dans ce cadre que sera réalisé le débarquement de Dieppe, en août 1942. Il se soldera par un échec avec plus de  2 000 morts sur les 8 000 soldats débarqués, mais permettra au haut commandement allié de tirer des enseignements particulièrement utiles en vue du débarquement en Normandie.

Des structures de commandement successives

A la suite de la conférence de Casablanca, les alliés créent une nouvelle structure chargée de préparer le débarquement : le COSSAC (pour "Chief Of Staff to the Supreme Allied Commander"). Il est dirigé par le général anglais Frederick E. Morgan, secondé par le général américain Ray Barker.
Le COSSAC a pour mission principale de choisir le lieu exact de débarquement et de mettre en oeuvre l'organisation matérielle et humaine pour y parvenir.

Dwight D. (Ike) Eisenhower / ©

Cette organisation trouve rapidement ses limites, surtout en ce qui concerne ses capacités de décision. Pour y remédier, les Alliés créent en décembre 1943 un nouveau commandement unifié chargé de succéder au COSSAC. C'est le SHAEF (pour Supreme Headquarters Allied Expeditionary Force) ou "Commandement Suprême des Forces Expéditionnaires Alliées". Sa principale caractéristique : il est dirigé par un seul et même homme, le général américain Dwight Eisenhower. Sa nomination est annoncée conjointement par Franklin Roosevelt et Winston Churchill le 24 décembre 1943. Einsenhower prend ses fonctions au début du mois de janvier 1944, soit 5 mois à peine avant la date initialement prévue pour le débarquement (Mai 1944).

Préparatifs et dissensions

Dans les mois qui précèdent le D-Day, l'opération de désinformation destinée à leurrer les allemands sur les véritables intentions des alliés bat son plein. Fortitude réussira même au delà de toutes espérances en maintenant à distance les divisions allemandes restées pré-positionnées plus au Nord.
Maréchal Bernard L. Montgomery / © La date véritable du débarquement sera quant à elle, repoussée à plusieurs reprises pour des raisons à la fois météorologiques (mauvais temps et heure de marée) et techniques (pas assez de barges de débarquement disponibles). Il y aura également quelques oppositions de points de vue entre le commandant suprême des forces alliés, Dwight  Eisenhower et son commandant des forces terrestres, Bernard Montgomery sur les effectifs à débarquer par mer ou par air. Partisan d'un front plus large, le maréchal Montgomery obtiendra gain de cause avec un renforcement des troupes arrivant par mer : 5 divisions au lieu de 3 prévues initialement. 
Par la suite et durant toute la durée de la campagne de Normandie, les 2 hommes seront souvent en opposition sur la conduite des opérations militaires.

Le "Jour J"

Ok, let’s go ! (d’accord, on y va !). Après avoir pris connaissance des prévisions météorologiques pour le lendemain, c'est par cette simple phrase prononcée le 5 juin au matin,  que le Général Einsenhower a donné l'ordre  de lancement de l'opération majeure  d'Overlord : l'opération "Neptune". Une phrase désormais historique !

Le Général Eisenhower s'adresse aux parachutistes américains, la veille du D-Day / ©
Le Général Eisenhower s'adresse aux parachutistes américains, la veille du D-Day / ©

 

Biographie de Dwight D. Einsenhower (1890 - 1969)

Né le 14 octobre 1890 au Texas, Dwight D. Eisenhower a grandi au Kansas en compagnie de ses six frères et soeurs.
Particulièrement doué en sport, il entre à West Point (l’école des officiers de l’armée de Terre américaine) et en sort lieutenant.
Lorsque les Japonais attaquent la base navale américaine de Pearl Harbor, le 7 décembre 1941, Dwight Eisenhower est un général brillant. Il reçoit ainsi le commandement des troupes alliées en novembre 1942 et organise les opérations d’invasion en Afrique du nord.
Fort de ces expériences, il est nommé chef suprême des forces alliées en Europe et prépare l’invasion en Normandie, qui doit précipiter la chute du 3ème Reich. Les objectifs qu’il a posé sont atteints, mais l’ordre de départ doit encore être donné : le 4 juin 1944, des milliers de soldats Alliés attendent sa décision. Après avoir retardé le lancement de l’opération Overlord de 24 heures en raison de mauvaises conditions atmosphériques, il prononce une phrase désormais historique alors que les météorologistes prévoient une légère amélioration dans la Manche : « Ok, let’s go ! » (« d’accord, on y va ! »).
Après la Seconde Guerre mondiale, Dwight Eisenhower devient président de l’Université de Colombia (Etats-Unis), puis en 1951 il s’installe dans son quartier général de Paris en tant que chef suprême des forces de l’OTAN. Un an plus tard, en 1952, il choisit de se présenter aux élections présidentielles américaines et l'emporte avec une large majorité des voix.
En pleine Guerre Froide, les tensions entre les blocs américains et Soviétiques augmentent. Eisenhower décide de calmer la situation en jouant la carte de la transparence : les deux puissances échangent des informations militaires et autorisent le survol aérien de leur pays par des avions adverses, du jamais vu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
En novembre 1956, Dwight D. Eisenhower est réélu à la présidence des Etats-Unis d’Amérique. Il entreprend alors un vaste programme social, visant à lutter contre les ségrégations raciales et à faire le maximum pour qu’il "n’existe pas aux Etats-Unis deux classes sociales". Il oeuvre sans cesse pour que son pays reste la première puissance militaire, lançant de grands projets de modernisation et multipliant les actions de paix à l’étranger.
A partir de 1954, date d'une première attaque cardiaque, sa santé est très fragile. En 1961, il quitte la Maison-Blanche et entame une série de périodes pendant lesquelles il est soigné. Dwight D. "Ike" Eisenhower meurt le 28 mars 1969.
(source : dday-overlord.com)

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