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Débarquement : le prix de la liberté payé par la population normande

Saint-Lo (Manche) détruite à plus de 90% lors des bombardements alliés de 1944 / © Conseil Régional de Basse-Normandie / National Archives USA
Saint-Lo (Manche) détruite à plus de 90% lors des bombardements alliés de 1944 / © Conseil Régional de Basse-Normandie / National Archives USA

Le 6 juin, au Mémorial de Caen, le président de la République entamera la journée de commémoration du D-Day par une cérémonie nationale d'hommage aux victimes civiles du débarquement et de la bataille de Normandie.
Une question reste posée : les civils ont-ils été les grands oubliés de l'histoire ?

Par Erick Haas

Le déroulement de la cérémonie d'hommage national 

Vendredi 6 juin, de 9h à 10h, François Hollande rendra hommage aux fusillés de la prison de Caen, à la Résistance et aux victimes civiles de la bataille de Normandie, lors d’une cérémonie nationale française devant la façade du Mémorial de Caen.
Après le temps de recueillement et l’inauguration d’un lieu de mémoire dédié à la souffrance et au sacrifice de la population normande, le Président de la République prononcera un discours.

En 2012, pour sa première participation aux cérémonies du débarquement, le président de la république avait annoncé qu'il souhaitait associer plus étroitement les populations normandes aux commémorations.
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Plus de 20 000 victimes civiles en Normandie

Durant 3 mois, le débarquement puis la bataille de Normandie ont coûté la vie à près de 98 000 soldats alliés et allemands. Un chiffre effarant et sur lequel les commémorations successives se sont attardées, mais qui ne doit pas masquer le prix payé par les populations civiles, victimes "collatérales" d'un conflit qui alors, a embrasé la planète entière.

Le 6 juin, 3 000 civils ont péri soit un nombre équivalent à celui des soldats alliés qui ont perdu la vie lors du "jour le plus long". Des normands principalement victimes des bombardements préparatoires aux opérations aéroportées et navales ; des bombardements qui, pour certains d'entre eux, ne constituaient ni plus ni moins que des actions de diversion pour masquer les lieux précis de l'invasion jusqu'à l'ultime instant. Mais pour ceux qui ont eu à les subir, la question restera à tout jamais posée de savoir s'ils étaient réellement nécessaires.

Ensuite, durant les 3 mois et demi qu'a duré la bataille de Normandie, les populations civiles ont continué à supporter les effets des multiples bombardements des points stratégiques définis par les alliés, mais pas seulement. Au sol, les combats d'artillerie contre les divisions de panzers allemands montées au front ainsi que les mitraillages aériens des convois de réfugiés fuyant les zones de combat, ont occasionnés des milliers de victimes, en Basse comme en Haute Normandie. Enfin, le prix payé par les 650 résistants et les otages bas-normands fusillés en représailles aux multiples opérations de sabotage perpétrées avant et après le débarquement, doit être inclus dans ce bilan tout comme, après la fin des hostilités, ces hommes et femmes victimes des mines et autres engins explosifs qui n'avaient pas encore été neutralisées.
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Des villes soufflées sur l'échiquier de l'histoire

Caen, Saint-Lô, Avranches, Falaise, Coutance et tant d'autres villes et villages normands ont été parfois détruits à plus de 90%. L'importance des dégâts occasionnés sur des sites civils a jusqu'à peu encore été uniquement justifiée par l'imprécision des bombardements à haute altitude, une technique nouvelle que les aviateurs alliés ne maîtrisaient pas encore en 1944.
1944 - Caen après un bombardement / ©
1944 - Caen après un bombardement / ©

Certes les gares, les triages, les concentrations de troupes allemandes visés se situaient dans ou à proximité des villes. Leur destruction était nécessaire, mais obéissait aussi à une autre logique moins avouable : écraser l'ennemi sous un tapis de bombe  / © pour permettre une avancée rapide des forces terrestres ...et ce, quelles qu'en soient les effets sur les populations civiles vivant à proximité.
Les alliés étaient conscients des '"autres" conséquences de leurs bombardements; ils les précédaient généralement par des lâchers de tracts incitant la population à quitter les lieux... Ce que celle-ci ne faisait d'ailleurs pas toujours, par crainte des pillards, entre autres ...

Autre cas de figure : la bataille dite de "la poche de Falaise" , opération militaire stratégique pour les alliés puisqu'il s'agissait pour eux de couper toute possibilité de retraite aux forces allemandes encore en état de combattre. Les bombardements des colonnes allemandes puis les combats d'artillerie et de chars ont été particulièrement intenses. Pour les populations civiles et notamment pour les milliers de réfugiés qui se trouvaient alors à Falaise et dans les environs, la ville est également devenue un piège mortel.
Aspects des rues dans la ville de Falaise - Août 1944 / © CR Basse – Normandie
Aspects des rues dans la ville de Falaise - Août 1944 / © CR Basse – Normandie

70 ans après, le temps a fait son oeuvre. L'Histoire, celle que l'on écrit avec un grand H, est à présent prête à accepter une lecture moins flatteuse que celle qui a prévalue des années durant. Pour être cultivé, le devoir de mémoire doit pouvoir se baser sur la vérité des faits, même s'ils n'ont pas toujours été à la hauteur de l'événement.

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