Cet article date de plus de 6 ans

A Mortagne-au-Perche, attelage et concert de Chris Combette pour le départ de Nicolas Milet et son association de jeunes en situation de handicap

Il a été l’un des premiers en France à penser que les chevaux pouvaient être médiateurs pour les handicapés. Après un parcours où il a contribué à construire ce qui est devenu l’équithérapie, Nicolas Milet, ancien instructeur d’équitation, passe la main lors d'une journée de fête.
Nicolas Milet comme meneur avec Chris Combette pour accompagner les jeunes pour une randonnée en attelage
Nicolas Milet comme meneur avec Chris Combette pour accompagner les jeunes pour une randonnée en attelage
Il est 10h, sur l’ancien champ de course de Mortagne-au-Perche ce jeudi. Les gros camions de transport de chevaux le disputent aux vans. Des voitures hippomobiles descendent de leurs remorques. Les Percherons, mais aussi une paire de poneys Welsh… Des fauteuils roulants s’approchent ; des groupes descendent des mini-bus. C’est une journée un peu particulière. Sous le soleil légèrement voilé, une randonnée en attelage va s’élancer. Plus tard, les 60 jeunes et moins jeunes personnes en situation de handicap se retrouveront pour déjeuner tous ensemble au Carré du Perche de Mortagne. Avant que d’écouter pour un concert, Chris Combette, bien connu dans le bassin caribéen et dans le Nord de l’Amérique notamment au Canada où il est régulièrement invité à se produire dans des festivals, auteur-compositeur de musique du monde. « Histoire de finir en beauté. » souligne Nicolas Milet, de son regard bleu profond.
Préparation de la randonnée autour de Mortagne-au-Perche
Préparation de la randonnée autour de Mortagne-au-Perche

 
Instructeur d’équitation aujourd’hui à la retraite, Nicolas Milet, a eu une vie bien remplie. Une hanche et un genou en tungstène ne raconte pas seulement le cavalier-dresseur-enseignant qu’il était. A la fin des années soixante, alors même que l’équitation est encore une activité élitiste, et un monde très structuré issu des activités militaires, il a l’opportunité de faire rencontrer le monde du cheval et celui du handicap. Depuis lors il ne cessera de creuser cette voie.

Ils n’étaient pas nombreux au départ, ils le sont devenus. De manière empirique, puis de façon plus organisée, il a fait partie de ceux qui ont codifié, accompagné, construit les différentes approches des pratiques de l’équitation des personnes en situation de handicap. Moteur ou mental.

Des percherons mais aussi des poneys, comme cette paire de Welsh pour cette journée particulière
Des percherons mais aussi des poneys, comme cette paire de Welsh pour cette journée particulière


A un âge où l’on a tendance à plus profiter de la vie, il s’investit plus encore. On est en 1990, il devient président-fondateur de l’Association  Ornaise de Réeducation par l’Equitation. L’objet : rechercher des centres équestres pour permettre un rapprochement des chevaux et des handicapés dans le département. « Un gros travail de sensibilisation des professionnels du cheval tout d’abord. Toujours à renouveler. Et puis il faut également être un lien avec les acteurs des professions en rapport avec le handicap, par le biais de séminaires ou d’atelier : animateurs, psychomotriciens, etc… Nous avons bossé par exemple avec Catherine Mathelin, docteur en psychologie et psychanalyste et Catherine Dolto-Tolitch, la célèbre pédiatre. »

Mais il ne faut pas croire que Nicolas Milet s’est contenté de penser. C’est un homme d’action qui a traduit dans les faits les fruits de ces travaux. Des poneys-games, des sorties en attelage, au total 3 à 4 manifestations par an. Mais ce n'est pas tout. « Parmi nos autres missions, il s'agit d'être réellement efficace donc pragmatique, et cela passe souvent par l'argent. Notre objet est aussi de trouver des subventions pour faciliter l’accès des handicapés à ces activités. Soit en individuel, soit via des projets collectifs. »
Après 24 ans, il décide de passer la main. « Alors avec les membres du bureau, sans qui rien de tout cela n’aurait pu exister, nous avons décidé de finir en beauté. Une sortie en attelage et un concert».

Nicolat Milet "J'ai connu Chris Combette voici un an, et il avait promis de revenir chanter pour l'AORPE"
Nicolat Milet "J'ai connu Chris Combette voici un an, et il avait promis de revenir chanter pour l'AORPE"
 
« J’ai connu Chris chez une amie voici un peu plus d’un an. Nous avons parlé. Il m’a interrogé beaucoup. Et avant que de se quitter, je lui proposais de revenir un jour chanter. Ce sera chose faite. Chris Combette reste toute la journée avec nous. Après une balade dans les environs de Mortagne avec la dizaine de voitures et carrioles, nous reviendrons. Et ensemble nous chanterons ».
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Et la magie a opéré, le soleil a résisté avant l'orage prédit, comme si les éléments avaient décidé que tout serait beau. Et cela jusqu'à la fin du récital devant un public dense, les jeunes étant rejoints par les enfants de l'école primaire de Sainte-Scolasse.
Nombreux sont les jeunes qui ont voulu se faire prendre en photo avec Chris Combette, celui qui les a fait chanter pendant 1h30
Nombreux sont les jeunes qui ont voulu se faire prendre en photo avec Chris Combette, celui qui les a fait chanter pendant 1h30

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