Un centre d'hébergement d'urgence devrait voir le jour à Saint-Contest. Les riverains, qui ont découvert récemment l'existence de ce projet, y sont très hostiles. La préfecture distille peu d'informations. Les bungalows, déjà construits, n'attendent plus que d'être posés.
Lors de la réunion publique organisée le 29 octobre dernier à Saint-Contest, la préfecture a apporté peu de réponses aux questions des riverains inquiets. Mais elle a confirmé qu'un centre d'hébergement d'urgence temporaire (une durée de 23 mois annoncée) verrait bien le jour à la fin du mois de novembre. Où ? La question n'a officiellement pas encore été tranchée. Même si un terrain appartenant à l'Etat et bordant les communes de Saint-Contest et d'Epron figure sur le projet découvert par les maires et les riverains concernés voilà quelques semaines.
Crainte d'une hausse de la délinquance et d'une dévaluation de leurs biens immobiliers, les riverains sont vent debout contre ce projet, en témoigne l'ambiance électrique de la réunion du 29 octobre. Les banderoles fleurissent sur les clôtures des pavillons environnants et la résistance s'organise sur les réseaux sociaux contre ce que les voisins nomment "le camp". "Ne croyez pas qu'on soit contre ces pauvres gens mais là c'est vraiment trop injuste que des hauts-fonctionnaires prévoient ça dans des quartiers comme celui-ci", plaide une habitante.
Le centre d'hébergement existe déjà. Les 18 bungalows à ossature bois, isolés et chauffés, ont déjà été construits par l'entreprise ATHEP et stationnent sur le parking de cette entreprise située à Moult. "On se rend compte malheureusement qu'il y a de plus en plus de besoin, les gens se retrouvent de plus en plus à la rue", explique Stéphane Lefort, l'un des deux patrons de la société.
Lors de la réunion publique du 29 octobre, Evelyne Pambou, directrice départementale de la Cohésion sociale expliquait que "la situation est telle sur ce département que nous ne pouvons pas mettre à l'abri des familles qui ont des enfants de plus de trois ans, c'est à dire que tous les jours mes collaborateurs font des refus de prise en charge et de mise à l'abri pour des personnes qui ont des enfants de 5 ans et même de 4 ans".
Ce projet de centre d'hébergement répond donc à un véritable besoin. Sa localisation n'a pas encore été tranchée. La Ville de Caen a proposé une solution sur un terrain privé. Mais ce dernier serait trop petit pour accueillir la totalité des bungalows.
Reportage de Pierre-Marie Puaud et Gildas Marie
Intervenants:
- Stéphane Lefort, société ATHEP
- Stéphanie Yon-Courti, maire de Saint-Contest
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