Des jeunes Bas-Normands à Auschwitz autour de Ginette Kolinka, rescapée du camp

A quelques jours du 70è anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, le 27 janvier, 150 lycéens et apprentis bas-normands se sont rendus ce mercredi 14 janvier au camp d’Auschwitz en Pologne, en présence de Ginette Kolinka, survivante du camp. 

150 lycéens de Caen, de Granville, de Saint-Hilaire du Harcouët et d’Alençon ont vécu une leçon d'histoire dont ils se souviendront longtemps : accompagner Ginette Kolinka, 90 ans, au camp d'Auschwitz où elle a été déportée en 1944. Un partenariat entre le Conseil régional de Basse-Normndie, l'Académie de Caen et le Mémorial de la Shoah. 



Déportée avec son père et son petit frère parce qu'elle était juive 

Ginette Cherkasky est née à Paris en 1925. Son père, Léon, dirige un petit atelier de fabrication d’imperméables dans le quartier du faubourg du temple. Par peur des arrestations, la famille Cherkasky franchit clandestinement la ligne de démarcation au cours de l’été 1942 et s’installe à Avignon, où elle s’efforce de reprendre une vie normale.

Ginette travaille avec ses parents et ses soeurs sur les marchés. Le 13 mars 1944, en rentrant déjeuner, elle tombe nez à nez avec les agents de la Gestapo venus les arrêter. Elle est incarcérée à la prison des Baumettes, à Marseille, avec son père, son petit-frère de 12 ans, Gilbert, et un neveu, Georges, âgé de 14 ans. Tous les quatre sont transférés au camp de Drancy le 2 avril, et déportés à Auschwitz le 13, au départ de la gare de Bobigny, dans un convoi de 1500 personnes.

A l’arrivée à Auschwitz, son père et son frère, fatigués, montent sans le savoir dans les camions qui partent directement vers les chambres à gaz. Ginette fait partie d’un groupe de 91 femmes sélectionnées pour le travail, et reçoit le matricule 78599. Elle ne reverra plus Georges, son neveu, emmené au camp des hommes. Fin octobre 1944, elle est transférée à Bergen-Belsen, puis en février 1945 dans une usine de matériel aéronautique à Raguhn, près de Leipzig.

A l’approche des troupes alliées, le 13 avril 1945, elle est placée dans un nouveau convoi en direction du camp de Theresienstadt où elle tombe malade du typhus. Libérée par l’Armée rouge, elle est rapatriée à Lyon le 3 juin et rentre à Paris où elle retrouve sa mère et quatre de ses cinq soeurs. Léa, la mère de Georges, arrêtée à Paris et déportée à Auschwitz le 13 février 1943 par le convoi n° 48, n’a pas survécu.



Sauvé par un Bas-Normand 

Dans la délégation, un autre survivant : Maurice Etynger. A 85 ans, c'est la première fois qu'il vient à Auschwitz, là où a disparu toute sa famille. Lui avait été sauvé par un Bas-Normand. 

Le reportage de Jean-Baptiste Pattier et Jean-Michel Guillaud
Intervenants:
- Ginette KOLINKA, témoin et survivante d'Auschwitz
- Toan DAUBIN, élève du Lycée Malherbe de Caen
- Maurice ETYNGER
- Maéva AMAURY, élève du lycée Victor Lépine à Caen
- Mathieu PLEY, élève du lycée Malherbe à Caen
- Johanna FONTAINE, élève du lycée Victor Lépine à Caen



A voir ou revoir sur Arte +7
A l’occasion du soixante-dixième anniversaire de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, ARTE propose une sélection de documentaires qui présentent quelques facettes des atrocités commises par les nazis et leur influence sur la vie des survivants et la poursuite de notre histoire.
Dans cette série, on peut voir notamment :
(cliquez sur les titres-liens pour voir les documentaires)

IMAGES DE LA LIBÉRATION DES CAMPS
Autour d'un documentaire sur les camps de concentration, tourné en 1944-1945 par les opérateurs des armées alliées puis enterré pour raisons politiques, un inoubliable voyage dans le temps à la rencontre des vivants et des morts auquel a contribué Alfred Hitchcock.
C’est cette œuvre tombée dans l’oubli et l’histoire terrible qu’elle raconte qu’André Singer restitue au fil d’un récit plein d’émotion. Les images du film, inédites pour la plupart, sont commentées non seulement par les opérateurs qui les ont tournées, mais aussi par certains des rescapés qui y figurent. Soixante-dix ans après, leur dignité offre un puissant antidote à l’horreur dont témoignent les images.

A noter également trois documentaires signés Emil Weiss :

AUSCHWITZ, PREMIERS TÉMOIGNAGES 
Fondé sur des témoignages recueillis juste après la guerre, ce documentaire rend tangible l'atroce quotidien vécu dans le camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz. Un document bouleversant, rigoureux sur le plan formel autant qu'historique.

SONDERKOMMANDO AUSCHWITZ-BIRKENAU
Chargés de faire fonctionner les fours crématoires du camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau, de très rares déportés des "Sonderkommandos" (les "commandos spéciaux") ont pu témoigner, bravant l'anéantissement programmé. 

CRIMINAL DOCTORS AUSCHWITZ
Dans ce dernier volet de sa trilogie "Destruction", qui restitue toute l'atrocité du camp d'Auschwitz, Emil Weiss ressuscite la parole des médecins en charge des expérimentations médicales sur les détenus. Un documentaire épuré, effroyable.

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