L'agro-écologie prend racine en Normandie

Un potager en permaculture / © Aurélien Morissard / IP3 / Maxppp
Un potager en permaculture / © Aurélien Morissard / IP3 / Maxppp

Mardi 3 décembre, le Dôme à Caen accueille un Forum dédié à la transition agro-écologique en Normandie. Un ensemble de techniques soucieuses du développement durable. A ne pas confondre avec le bio et la permaculture. 

Par Aurélie Misery

L’agriculture biologique 


L'agriculture biologique refuse les intrans et produits phytosanitaires issus de la pétrochimie.

Selon l'organisme Bio Normandie , pour fertiliser les sols, les agriculteurs biologiques utilisent fumier, compost, engrais organiques, des légumineuses. Et l'usage des antibiotiques est limité. 

Le "bio" est un label, encadré par un cahier des charges, qui se traduit par une reconnaissance par des prix.  

 
Le jardin bio de Jean-Pierre Picquenot à Sainte-Honorine-du-Fay (Calvados)

 

La permaculture 


"L’esprit de la permaculture est de relier tous les éléments d’un système les uns avec les autres, y compris les êtres humains, souligne le Mouvement Colibris. Tout particulièrement, la permaculture va chercher à recréer la grande diversité et l’interdépendance qui existent naturellement dans des écosystèmes naturels, afin d’assurer à chaque composante, et au système global, santé, efficacité et résilience. C’est un fonctionnement en boucle où chaque élément vient nourrir les autres". 

"Ici, sur une même surface, on mélange plusieurs cultures en même temps pour rechercher une complémentarité entre les plantes", explique Jean Santerre, Directeur du pôle végétal à la Chambre d'agriculture de Normandie. Une pratique répandue dans le maraîchage. 

A noter que la permaculture peut être en agriculture biologique. 


L’agro-écologie 


Il ne s'agit pas d'une technique de production qui relève d'un cahier des charges mais d'un ensemble de techniques qui vise à améliorer la durabilité sur le plan environnemental, social et économique

L'agro-écologie vise plusieurs objectifs, comme l'amélioration des sols, la réduction des intrants, l'autonomie fourragère (dans le cas de l'élevage) ou en engrais azotés...

"Cela va notamment passer par l'allongement des successions de cultures sur une parcelle, explique Jean Santerre. En alternant culture hiver/culture printemps, cela permet de mieux gérer les mauvaises herbes et les pressions en maladies." L'idée est de rééquilibrer le système écologique et de supprimer les inrants de synthèse. 

Par exemple, "dans le Sud de l'Eure, les rotations blé/orge/colza sont courtes. Donc on va allonger le cycle en intégrant des protéagineux."

Vers une transition agro-écologique en Normandie ? 


En Normandie, le processus est engagé depuis plusieurs années, avec une accélération depuis les années 2010. 

Il existe déjà 29 groupes d'agriculteurs reconnus comme s'engageant dans cette démarche. Mais près de 90 autres collectifs ont été accompagnés par la Région les trois dernières années. 

Mais "passer à l'agro-écologie, comme au biologique, suppose de prendre des risques", insiste Jean Santerre. "D'où l'importance d'être dans un groupe d'agriculteurs, l'expérience de l'un pouvant servir aux autres.
 

 

Sur le même sujet

Les + Lus