Autisme : l'environnement joue-t-il un rôle dans la prévalence de ce trouble ?

L’autisme touche aujourd’hui 1 à 2 % des naissances en France. Un chiffre qui a beaucoup augmenté ces dernières années. L’amélioration des diagnostics n’explique pas à lui seul cette hausse. Pour essayer d’en déterminer les causes, une grande étude a été lancée depuis le printemps dernier en France, qui s’intitule la Cohorte Marianne. Le CHU de Rouen est partenaire et recrute des familles pour y participer.

Ce matin, Léon a rendez-vous au CHU de Rouen. Depuis sa naissance, c’est la deuxième fois que le bébé et sa maman y viennent. Aujourd’hui il s’agit d’un rendez-vous avec les psychologues du Centre de Ressources Autisme Seine Eure. Afin de recueillir des données très précises, le bébé de bientôt 6 mois va être soumis à une batterie de tests assez complète, des séances qui se renouvelleront jusqu’à ses 6 ans.

Léon est le deuxième enfant de Valéria. Après pas mal d’errances, son fils aîné né d'une précédente union, a été diagnostiqué autiste vers 6 ans, c’est donc tout naturellement que cette mère de famille a accepté de rejoindre la cohorte Marianne ;

C'est d'abord pour faire progresser la recherche mais aussi parce que s'il y a un problème on aura un accompagnement immédiat, que j'ai accepté de participer à l'étude.

Valéria, maman du petit Léon

 Diagnostiquer plus tôt pour mieux soigner

La Cohorte Marianne est une étude scientifique qui va suivre 1200 femmes ayant déjà eu un enfant autiste, et qui souhaitent avoir un deuxième enfant. Leur bébé sera suivi sur plusieurs années.

Au fur et à mesure des rendez-vous, les psychologues vont ainsi recueillir tout un tas de renseignements (comment l'enfant observe, comment il regarde, comment il prend les objets). Si plus tard l'enfant est diagnostiqué autiste, ils reviendront sur ces atypicités éventuelles, pour les confronter à la cohorte d'un grand nombre de personnes, afin de déterminer quels étaient les microsignes. Cela permettra également de mieux accompagner l'enfant s'il en a besoin, et de savoir quelles difficultés compenser pour qu'il évolue le mieux possible par la suite.

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Suivi d'une famille en rendez vous avec un psychologue ©France 3 Normandie

Lorsque l’on a déjà un enfant autiste, le risque est 40% plus élevés d'avoir un deuxième enfant touché par l'autisme ou par des troubles neurodéveloppementaux. C’est pourquoi ce sont ces mamans qui sont recrutées prioritairement pour l’étude. Un risque qui varie fortement en fonction du sexe, une source d’inquiétude supplémentaire pour Valéria. " Quand j'ai su que c'était un garçon, j'ai eu un petit stress en plus, car je sais que ce sont plus souvent les garçons qui sont atteints d'autisme".

Plusieurs centaines de familles suivies sur 6 ans

L’étude propose un suivi au long cours sur plusieurs années. Il commence au deuxième trimestre de la grossesse par des prises de sang sur la maman, le futur papa et le grand frère. Ensuite une série de prélèvements sont effectués à la naissance du bébé (placenta, sang de cordon ombilical, ongle cassé...). D'autres auront lieu à date fixe (12 mois-24 mois-4 ans-6 ans) et seront accompagnés d'entretiens avec les psychologues.
Au CHU de Rouen, le professeur Marret, chef de service de pédiatrie neuronale et de neuro-pédiatrie, est le référent de la Cohorte Marianne.

Nous allons rechercher des marqueurs de risque biologique et des facteurs d'exposition, cela peut être des perturbateurs endocriniens, des substances toxiques, des pesticides.

Professeur Stéphane Marret

En parallèle des analyses, les familles doivent également répondre à des questionnaires sur leurs habitudes alimentaires, leur mode vie (ville/campagne, tabac...).
Afin de comparer ces résultats à un échantillon de la population générale, l'étude recrute également des mamans témoins. Cinq cents femmes enceintes ayant déjà eu un enfant sont également recherchées.

Dans la région, 7 maternités participent à cette étude nationale. Parmi elles, le centre hospitalier de Rouen, qui est lui-même partenaire d'un certain nombre de maternités dans la région où un suivi peut être organisé (Evreux, Le Havre, Le Belvédère à Mont-saint-Aignan...).

C'est la première fois qu'une étude d'une telle ampleur est menée en France.

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