Calvados : le corps des trois marins pêcheurs, disparus après le naufrage de leur chalutier, retrouvés par les plongeurs

Les corps des trois jeunes marins-pêcheurs disparus dans la nuit de jeudi à vendredi au large des côtes du Calvados après le naufrage de leur navire ont été retrouvés, a indiqué le procureur du Havre, Bruno Dieudonné.

 

Illustration. Un canot tout temps de la SNSM
Illustration. Un canot tout temps de la SNSM © Sebastien Salom-Gomis/AFP

Les corps des marins ont été retrouvés par les plongeurs

"Ils ont été retrouvés en début d'après-midi par des plongeurs, dans l'épave du bateau. Ils ont été remontés et ramenés au port de Ouistreham
"
, a indiqué le procureur de la République, précisant que les victimes sont deux frères de 19 et 26 ans et un homme de 27 ans, co-armateur du bateau.

Lors d'une opération de remorquage de la SNSM, le chalutier Breiz a chaviré au large de Lion-sur-Mer, dans le Calvados. Après 11 heures de recherches, la préfecture maritime avait annoncé l'arrêt des recherches en mer.

Jeudi soir vers 23h30, alors qu'il était remorqué par un bateau "tous-temps" de la SNSM, le chalutier Breiz battant pavillon français, a chaviré au large de Lion-sur-Mer. Trois marins-pêcheurs de 19 ans, 26 ans et 27 ans sont portés disparus.

D'importants moyens, pilotés par le Centre Régional Opérationnel du Surveillance et de Sauvetage en mer de Jobourg ont été déployés dès jeudi soir : un canot "tous-temps", deux vedettes de la SNSM, un remorqueur du port du Havre et un hélicoptère de la marine nationale. L'épave a été localisée à 0h48 par les secours. Que s’est-il réellement passé ?

Il s’est couché sur le côté et il a coulé en vingt secondes

Ce chalutier de 11 mètres, basé à Saint-Vaast-la-Hougue, propriété du jeune marin pêcheur Quentin Varin était parti vers 11 heures pêcher la coquille en baie de Seine. En voulant rentrer à Port-en-Bessin, l’équipe du bateau a émis un signal de détresse à 18h57 suite à une avarie de barre. Le canot tous temps Sainte-Anne-des-flots de la société nationale de sauvetage en mer (SNSM) de Ouistreham est alors engagé par le CROSS pour porter assistance au navire. Un remorquage est effectué mais lors d’une manœuvre pour rentrer au port, le Breiz a sombré soudainement.

Philippe Capdeville, le patron du bateau de sauvetage que nous avons contacté ce matin était bouleversé par les évènements  

La mer était forte, on avait mauvais temps. On avait Le Breiz en remorque et il a chaviré dans un coup de mer. Il s’est couché sur le côté et il a coulé en vingt secondes. Le temps de couper la remorque et d’arriver dessus, il n’y avait plus que l’étrave. On était à cinq mètres, on n’a vu personne. Les gars n’ont certainement pas eu le temps de sortir de la cabine.

Philippe Capdeville

Le Breiz
Le Breiz © France 3 Normandie

Le lieutenant de vaisseau Marine Monjardé, porte-parole de la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord ne s’est pas montré plus rassurant sur l’espoir de retrouver ces naufragés.

La température de l'eau étant de 9 à 10 degrés, il y a peu de chance qu'ils soient retrouvés en vie au vu du nombre d'heures écoulées.

Lieutenant Monjardé

Au lever du jour, un hélicoptère a redécollé afin de reprendre les recherches des trois pêcheurs disparus. La visibilité sur zone demeurait "très mauvaise" en début de matinée, selon la préfecture maritime. Après 11 heures de recherches, la préfecture maritime annonçait l'arrêt des recherches nautiques.

Des plongeurs de la Marine nationale ont inspecté l’épave qui repose par 15 mètres de fond, ce sont eux qui ont retrouvé les corps, vendredi en début d'après-midi.

Une enquête est ouverte 

"Une enquête du chef d'homicide involontaire a été ouverte afin de déterminer précisément les causes de ce naufrage même si l'avarie de barre associée à de  mauvaises conditions météo semble être la principale explication", a indiqué Cyrille Fournier, procureur adjoint du Havre.

"Si pour le moment aucun élément ne permet de mettre en cause les conditions du remorquage, nous vérifierons toutefois que tout a été effectué dans les règles de l'art sachant qu'il s'agissait, aussi, pour l'équipage de la SNSM d'une  opération risquée", a ajouté le magistrat.

 


  

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