Depuis 2013, les activités des centres équestres devaient travailler avec un taux de TVA à 20 %. Bruno Le Maire, le ministre de l'économie, a confirmé jeudi 26 octobre 2023 qu’elle repassera à 5,5 % dès le 1er janvier 2024.

C'est une longue bataille que remporte la filière équestre. Depuis des années, ses acteurs se battent pour revenir à une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) à 5,5%, c'est enfin chose faite.

Un taux qui repasse à 5,5%

"On vient de remporter un réel combat, c'est une excellente nouvelle, enfin on va pouvoir respirer", nous confie Elise Vavasseur Goffinet, gérante du Centre équestre de la Renarderie, qui se trouve entre Vire et Saint-Sever dans le Calvados.

Sa collègue, Nelly Manby, co-gérante et monitrice au Haras du Moulin Neuf à Vire est également ravie : "C'est enfin la reconnaissance que l'équitation est un sport !".

"C'est une belle avancée"

Un amendement a été retenu, dans le cadre du projet de loi de finances 2024, par le gouvernement pour rétablir ce taux de taxe sur la valeur ajoutée sur les activités des centres équestres.

"Je me félicite que les poneys club et les centres équestres puissent de nouveau bénéficier d’un taux réduit de TVA sur leurs activités. C’est l’issue d’un combat de plusieurs années en Europe ayant abouti à une révision de la directive TVA. Cette belle avancée bénéficiera aux 2,7 millions de Français pratiquant régulièrement ou occasionnellement l’équitation" a déclaré,  jeudi 26 octobre 2023, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, après une réunion avec les représentants de la fédération et du secteur.

En 2013, le taux était passé à 20% comme partout ailleurs en Europe. Le nouveau taux réduit de la fiscalité sera mis en place à partir du 1er janvier 2024. Il concernera : l’enseignement de l’équitation, l’accès aux infrastructures sportives dédiées à cette pratique, l’animation et les activités de démonstration aux fins de découverte et familiarisation de l’environnement équestre.

Un soulagement pour les gérants de centres équestres

Cette annonce est un soulagement pour Jean-François Bourdon, gérant du centre équestre à Hauteville-sur-Mer, dans la Manche. Il s'occupe tout seul de soixante chevaux et poneys : 

"Avec cette TVA à 20%, je ne pouvais embaucher personne car ça m'aurait coûté trop cher. Je travaille 7 jours sur 7, près de 70 heures par semaine. Là je vais pouvoir éventuellement faire travailler quelqu'un à mes côtés".

Jean-François Bourdon

Gérant du centre équestre d'Hauteville-sur-Mer (Manche)

Depuis des années, il n'arrive plus à payer ses factures à partir du mois d'avril : "L'été je gagne de l'argent, l'hiver ça m'en coûte. Dès avril, je suis à découvert. Entre les factures, les aliments pour les équidés, les soins, c'est compliqué. Je demande un délai, qu'on me laisse le temps de pouvoir les payer à partir de juillet. J'espère que ce sera fini tout ça !".

Et surtout, avec l'argent qu'il va enfin pouvoir mettre de côté dès janvier prochain, le gérant va surtout investir dans du nouveau matériel : "Cela fait des années que je n'ai pas changé mes selles d'équitation, par exemple, alors l'argent économisé me permettra de les renouveler et penser au bien-être de mes chevaux et de mes cavaliers".

Peu de chance de voir une baisse des tarifs

En revanche, Jean-François Bourdon ne va pas baisser les prix de ses cours : "En dix ans je n'ai pas augmenté le prix de mes cours, ils sont à 15 euros de l'heure, c'est un prix relativement bas comparé à d'autres centres équestres. Je préfère investir cet argent pour renouveler mes équipements".

Elise Vavasseur Goffinet, elle, dirige le centre équestre de la Renarderie depuis 1998. Lorsque la TVA est passée à 20% en 2013, elle n'a pas eu d'autres choix que d'augmenter le prix de ses cours à l'époque : "On a répercuté la hausse de la TVA sur les prix de nos cours, on a perdu des cavaliers car c'était trop cher".

En France, la filière a perdu 100 000 licenciés entre 2012 et 2020. Mais elle non plus n'envisage pas de baisser les tarifs de ses cours : "Je n'ai jamais augmenté mes prix depuis 2013. Aujourd'hui avec l'inflation, le coût de la vie est devenu plus dur. On va pouvoir enfin souffler".

À Vire, Nelly Manby, ne sait pas encore si elle peut envisager une baisse de prix : "On vient d'apprendre la nouvelle, on doit se replonger dans nos comptes pour voir si c'est possible, c'est encore trop tôt". Par contre, la gérante du Haras du Moulin Neuf, n'exclut pas de mettre en place une baisse sur les tarifs des stages proposés durant l'année.

 

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