Les Républicains se disloquent, la droite se recompose : où est passé l'héritage du général de Gaulle ?

Bayeux célèbre le 80e anniversaire du discours prononcé par le général de Gaulle le 14 juin 1944. Ce jour-là, le chef de la France libre a restauré la République. Hasard du calendrier, cette journée censée rassembler la famille gaulliste tombe en pleine tempête politique. À Bayeux, le président du Sénat, Gérard Larcher est venu trouver un peu de lumière : "Tenir le coup c’est peut-être ce que nous rappelle le gaullisme".

Il y a 80 ans, le 14 juin, le général de Gaulle entre dans Bayeux triomphalement, et y prononce son premier discours en territoire libéré par les Alliés. Il nomme aussi Raymond Triboulet, alors résistant, sous-préfet des communes libérées. Deux ans plus tard, le général revient à Bayeux : son discours a posé les bases de la Ve République.

Bayeux, c'est tout un symbole pour ceux qui se réclament du gaullisme, parmi lesquels Gérard Larcher. Le président du Sénat est aussi à la tête de l'Amicale des gaullistes de la chambre haute. S'il n'en reste qu'un...

Dans le contexte actuel, la dignité fait partie de l’attitude que l’on doit avoir, c'est ce qui permet de dépasser les arrangements partisans pour rechercher l’intérêt de la France et faire les choses sur le fond.

Gérard Larcher

Président du Sénat

En ce jour du souvenir, Gérard Larcher préfère ne pas en dire plus sur l'état de délabrement de sa famille politique, mais pour le président du Sénat, le grand homme est toujours une boussole en ces temps incertains. "Tenir le coup c’est peut-être ce que nous rappelle le gaullisme, Il y a des moments où il ne faut jamais renoncer."

Que devient le gaullisme ?

L'héritage du gaullisme est-il en train de se dissoudre en même temps que se recompose le paysage politique ? Dans l'assistance, les avis sont nuancés. L'implosion du parti Les Républicains n'est pas la première des choses qui vient à l'esprit de Blaise Albert. Il avait 11 ans quand il a vu le général de Gaulle dans les rues de Bayeux. Aujourd'hui, il préfère se souvenir du grand homme: "Je pense que l’héritage du gaullisme est encore fort, on pense toujours à ce qu'a fait le général, c'est important d’avoir un grand général."

Pour Teddy Brunet, réserviste citoyen et président du Souvenir français d'Audrieu, "être gaulliste aujourd’hui en 2024 ce sont d'abord des idées patriotiques comme de participer à toutes ces commémorations, et mettre en avant le travail du général de Gaulle. On oublie trop ce qu’il a pu faire. C’est encore une valeur importante pour beaucoup de personnes."

"Le gaullisme nous a fait sortir du Travail-Famille-Patrie"

Des centaines de militaires, des retraités et des scolaires assistent à la cérémonie. "L’héritage a peut-être tendance à s’estomper un peu... admet Richard Brouzes, rencontré dans le public. Mais en ce moment, il est d'actualité. Il faut repenser à ce qu’il s’est passé dans cette période-là : la restauration de la liberté, de la démocratie, le droit de vote des femmes, la sécurité sociale...Le gaullisme nous a fait sortir du Travail-Famille-Patrie qu’on avait connu pendant 4 ans."

Enfin, Michel Bertin, retraité, est venu par fidélité. C'est aussi une valeur gaulliste. "Le gaullisme c'est une attitude, c'est aller droit au but, dit-il, un peu nostalgique. Ce n’est plus d’actualité et c'est bien dommage". La cérémonie prend fin. À Bayeux, le temps est pluvieux, l'horizon bouché.

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