UberPop: 80 taxis bas-normands manifestent à Caen

Ils ont traversé la ville en klaxonnant, et sont reçus à la préfecture. Les taxis dénoncent la précarisation des chauffeurs et répondent à l'appel de l'ensemble des syndicats. Ils exigent l'arrêt du service UberPOP et l'application des lois réprimant les taxis clandestins.

Uber n'est pas présent à Caen, mais les artisans ont voulu manifester leur solidarité avec leurs collègues des grandes villes.

Depuis plusieurs mois, le groupe américain des voitures de transport avec chauffeur (VTC) Uber s'est engagé dans un bras de fer avec l'Etat, autour de son application mobile UberPOP, un service à prix cassés qui met en relation des passagers et des conducteurs non professionnels assurant le transport avec leurs véhicules personnels.

Uber revendique 400.000 utilisateurs d'UberPOP en France, où le nombre des taxis est faible. Mais les chauffeurs sont des particuliers qui ne paient ni cotisations sociales ni impôts, n'ont pas suivi les 250 heures de formation nécessaires pour obtenir un agrément et ne sont pas assurés professionnellement.

La réaction de Denis François, président du Syndicat des Artisans Taxi du Calvados (Interview: Emilien David et Gildas Marie):


Les syndicats de taxis ont appelé à des rassemblements "dans le calme" et à "ne pas répondre aux provocations", alors que le climat s'est tendu.
A Lyon, Nice et Strasbourg, des clients ou chauffeurs UberPOP ont été agressés.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a lancé mardi un appel au calme, rappelant que "rien ne (justifiait) des actes de violence", tout en soulignant qu'UberPOP était en "situation d'illégalité absolue".
Le gouvernement a tenté de rassurer les chauffeurs, en affirmant qu'il allait renforcer ses services anti-fraude.

Nous allons rehausser le niveau de la réponse pénale, notamment à l'égard des réitérants et des récidivistes, en passant à des réponses plus dures, a assuré mardi le procureur de la République de Paris, François Molins




Le contexte

Le groupe Uber, interdit dans certaines villes d'Europe et qui fait face à des actions en justice aux Etats-Unis, est visé depuis fin 2014 par une enquête préliminaire à Paris, notamment pour organisation illégale d'un "système de mise en relation de clients avec des personnes qui se livrent au transport routier" de passagers "à titre onéreux".

En vertu de la loi Thévenoud votée en octobre 2014, il est interdit de proposer une prestation de transport routier "à titre onéreux" si l'on n'est pas enregistré comme chauffeur de taxi ou VTC. Les conducteurs encourent jusqu'à un an de prison, 15.000 euros d'amende, la suspension du permis et la confiscation du véhicule.