Les avocats de Caen poursuivent leur grève pour une quatrième semaine

Le 6 janvier dernier, les avocats du barreau de Caen décidaient d'entamer une "grève dure" contre la réforme des retraites. Jeudi soir, ils ont décidé de poursuivre leur mobilisation et ce au moins jusqu'au 3 février.
Les avocats du barreau de Caen avant la manifestation interprofessionnelle ce vendredi 24 janvier
Les avocats du barreau de Caen avant la manifestation interprofessionnelle ce vendredi 24 janvier © MdB
Ce vendredi 24 janvier, ils étaient dans le cortège défilant dans les rues de Caen, parmi les manifestants contre le projet de réforme des retraites. Depuis le 6 janvier dernier, les avocats du barreau de Caen sont en grève, une "grève dure" pour tenter de conserver leur régime autonome. Précédant le Conseil national des barreaux, qui a voté à l'unanimité ce samedi la poursuite du mouvement, les Normands ont dès jeudi soir, en assemblée générale, décidé de continuer pour une quatrième semaine. Voire plus puisque leur prochaine réunion n'est prévue que le 4 février, au lendemain de la manifestation nationale du collectif SOS retraite (regroupant regroupe 16 professions de la santé, du droit, du transport aérien et du chiffre).

Concrètement la grève se traduit par "aucune désignation d'avocats pour les gardes à vue, les permanences pénales, les comparutions immédiates, l’aide juridictionnelle", rappelle Gaël Balavoine, le bâtonnier de Caen, "les dossiers sont renvoyés quelles que soient les juridictions". Or, ce lundi 27 janvier, débute une nouvelle session de la cour d'assises du Calvados. L'audience "pourrait" ne pas avoir lieu. Ce sont les avocats en charge du dossier qui demanderont ou non le renvoi. La motion adoptée par le barreau de Caen a valeur de préconisation et non pas d'injonction.
 
Depuis le 6 janvier, les revendications des avocats restent les mêmes : conserver leur propre régime de retraite autonome, "un régime qui fonctionne, qui ne demande rien à personne, qui, au contraire, abonde tous les ans au régime général". Ces professionels du droit redoutent également, en intégrant le régime universel voulu par le gouvernement, une baisse de leur retraite minimum ainsi que la fragilisation finacières de certains cabinets en raison d'une forte hausse de cotisations.
 
Invitée ce vendredi sur le plateau de nos confrères de Public Sénat, la garde des sceaux, Nicole Belloubet, s'est montrée inflexible. "Quand on parle de régime universel, tous les Français doivent l'intégrer, les avocats aussi. (...)  Pour nous, ce n'est pas négociable", a-t-elle déclaré. "Mais depuis, il ya eu l'avis rendu par le Conseil d'Etat", note Gaël Balavoine. La plus haute juridiction administrative française a en effet, ce vendredi, quelque peu étrillé les deux projets de loi relatifs au système de retraite que le gouvernement lui a soumis. De quoi envisager une inflexion ou un changement de situation ? "Dans un Etat qui fonctionne normalement, ça devrait", estime le bâtonnier de Caen.
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