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DDay : Deux américaines dans les pas de l'incroyable périple en Normandie de leur père pilote de l'US Air Force

Roxane et Madeleine, les filles de Ted Fahrenwald, en discussion avec Ghislain Hardier, qui a déterré les morceaux de l'avion du pilote américain. / © Erwan de Miniac
Roxane et Madeleine, les filles de Ted Fahrenwald, en discussion avec Ghislain Hardier, qui a déterré les morceaux de l'avion du pilote américain. / © Erwan de Miniac

Durant la Deuxième guerre mondiale, Ted Fahrenwald est pilote dans l'US Air Force. Le 8 juin 1944, il se crashe dans le Pays d'Auge mais survit durant deux mois avant de s'en sortir. 75 ans après, ses filles, Roxane et Madeleine, remontent les traces du périple de leur père en Normandie.

Par Boris Letondeur

Une semaine en Normandie sur les traces de leur père. Roxane et Madeleine, la soixantaine, découvrent les lieux marquants de l'incroyable périple de leur père, durant l'été 1944. Entourées par neuf proches, elles parcourent le Calvados et l'Orne, guidées par Ghislain Hardier et Robert Chevallier, deux passionnés d'histoire et collectionneurs.

Les deux hommes s'accordent d'ailleurs : "Theodore "Ted" Fahrenwald était un sacré personnage !" Pilote de l'US Air Force durant la Seconde guerre mondiale, il avait baptisé son avion "The Joker". Le 8 juin 1944, pour son 100ème vol avec son Mustang P51B fétiche, le militaire américain doit bombarder un convoi allemand. Ses roquettes détruisent un camion de munitions mais l'explosion génère un souffle qui endommage l'avion de Fahrenwald. Le crash est inévitable mais le pilote parvient à s'en sortir. 


"Comme si notre père était ressuscité"


S'en suivent deux mois d'aventures que Ted Fahrenwald racontera plus tard dans un livre paru après sa mort aux Etats-Unis, mais pas (encore) traduit en français : Bailout over Normandie (Echappée en Normandie). Roxane et Madeleine ont grandi avec le récit des péripéties normandes de leur père. Cette semaine, elles peuvent enfin mettre des images concrètes sur les paysages racontés. 

"C'est comme si notre père était réssuscité, comme si son esprit vivait dans les forêts, dans les avions, dans les fermes et dans les coeurs des gens. Leurs enfants et petits enfants nous ont accueilli comme si nous étions de leur famille. C'est incroyable que cette émotion et ces attaches se soient transmises à travers les générations". Roxane, fille ainée de Ted Fahrenwald


Les filles Fahrenwald ont pu rencontré Odile Vallois, qui n'était alors qu'une fillette quand ses parents ont caché le pilote américain, juste après le crash de son avion. "Une rencontre riche en émotion, larmes et embrassades", dixit Ghislain Hardier, organisateur du périple, qui a déterré l'épave du l'avion du pilote américain l'an dernier, avant de créer un musée dédié à sa mémoire, chez lui, dans le Pays d'Auge. 
 
Ghislain Hardier devant la stèle qu'il a créé en hommage à Ted Fahrenwald dans sa propriété de Bonneville-la-Louvet. / © Erwan de Miniac
Ghislain Hardier devant la stèle qu'il a créé en hommage à Ted Fahrenwald dans sa propriété de Bonneville-la-Louvet. / © Erwan de Miniac

Outre la rencontre, forte en émotion, la délégation américaine a pu planter un drapeau de la bannière étoilée à l'endroit même où l'avion de Fahrenwald s'est écrasé, en 1944. 

Une semaine pour retracer les deux mois du périple

Mardi, les deux soeurs ont parcouru, en jeep, les 35 km du premier périple de leur père, en juillet 44, à travers le pays d'Auge, alors qu'il tentait de regagner sa compagnie. Arrêté par les Allemands, il sera fait prisonnier, à Damigny. Encore une fois, l'intrépide américain s'en sort en utilisant ses deux armes de survie : "sa boussole et son sens de l'aventure"

Ted Fahrenwald fausse compagnie aux Nazis et part se réfugier dans la forêt d'Ecouves. Là encore, il est aidé par un couple de français. Dans son livre, il relate les stratègemes dont il dû user pour éviter d'être à nouveau capturé. Réalité ou fiction, il explique avoir servi du calva aux Nazis en se faisant passer pour le cousin sourd-muet de la famille

Fin août 44, le pilote sort du bois et tombe nez à nez avec des chars américains. Il s'égosille mais personne ne lui répond, et pour cause, il s'agit de la 2ème DB, conduite par des Français. Le premier blindé qu'il aperçoit se dénomme "Madeleine". Un prénom qu'il donnera à sa fille cadette quelques années plus tard.

"Je me rends compte de la manière dont il fut reçu, avec tellement de générosité et de bienveillance. Il y a en quelque sorte une gratitude mutuelle, c'est remarquable. Son passage en Normandie, il le dirait s'il était encore là aujourd'hui, fut le meilleur moment de sa vie. Pas le plus amusant, mais pour sûr le plus enrichissant". Madeleine, fille cadette de Ted Fahrenwald

Vendredi, Madeleine Fahrenwald se rendra dans la forêt ornaise, pour mettre un décor sur la genèse de son prénom. Avant cela, elle aura visité, avec sa soeur et une partie de sa famille, le cimetière américain de Colleville-sur-Mer. Fort heureusement, elle ne trouvera pas son patronyme gravé sur une tombe blanche. 

 

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