Déconfinement : les parcs d'attraction dans le flou pour une réouverture, "On vit une injustice absolue"

Alors que les zoo s’apprêtent à rouvrir leurs portes, les parcs d’attractions restent interdits au public. Aucune date n’est encore fixée par les autorités. Incompréhensible pour les professionnels du secteur qui perdent beaucoup d’argent depuis le début de la crise. 

Image d'illustration, un parc d'attraction rouvert en Chine après des mois de fermeture suite au COVID 19
Image d'illustration, un parc d'attraction rouvert en Chine après des mois de fermeture suite au COVID 19 © Featurechina/MAXPPP

"On vit une injustice absolue "

Hervé Lebel, le propriétaire de Festyland tire la sonnette d’alarme. Son parc d’attraction situé sur la commune de Bretteville-sur-Odon, près de Caen, qui devait rouvrir début Avril a déjà perdu beaucoup d’argent (plus d’un million d’euros) et l’avenir s’annonce incertain.

Le comité interministériel du tourisme, piloté jeudi 14 mai par le Premier ministre Edouard Philippe, n’a donné aucune garantie, ni aucune date sur une reprise d’activité. Hervé Lebel qui est aussi le vice-président du syndicat national des espaces de loisirs, d’attractions et culturels (SNEALC)  réclame des perspectives claires et un calendrier.


Je suis heureux pour mes collègues gestionnaires des parcs animaliers, qui vont pouvoir accueillir à nouveau du public, mais nous aussi on a travaillé sur des protocoles sanitaires pour rouvrir dans les meilleurs conditions de sécurité. Pourquoi cette différence de traitement ?
ajoute Hervé Lebel

De nouvelles règles, post Covid, proposées par le parc d'attraction

Avec 225 000 visiteurs par an et 105 salariés en haute-saison, le parc d’attraction caennais a mis au point un protocole sanitaire très strict pour le public et ses salariés.

Les salariés seront équipés de casquettes à visière de protection fabriquée en Normandie et de plusieurs tenues qui seront lavées chaque jour. Une formation leur sera dispensée pour adapter leur travail aux contraintes sanitaires. 

Un  marquage au sol sera mis en place pour respecter la distanciation physique dans la file d’attente ou seules les familles pourront "faire la queue" par petit groupe.
Du gel hydro alcoolique sera à disposition sur chaque attraction et certains manèges vont être adaptés pour éviter de se retrouver coller à son voisin.

Les quatre restaurants du site resteront fermés, seule la vente à emporter fonctionnera et 99% des billets d’entrées seront vendues uniquement sur internet, ce qui devrait permettre de réguler la fréquentation.
"Si on doit limiter nos entrées, on le fera" martèle Hervé Lebel "mais sur les 10 hectares du parc, on a de quoi accueillir en toute sécurité beaucoup de monde".
 

Une ouverture en juin ?

Une chose est certaine, les parcs d’attractions seront fermés les week-ends de l’Ascension et de la Pentecôte.
Chez Festyland, on travaille pour une possible reprise le 18 juin prochain. "A ce jour, je n’ai recruté personne pour les 3 mois d’été" rappelle le patron du parc.

85 étudiants sont en attente d’un contrat. Il faut une bonne quinzaine de jours pour relancer la machine  mais attention "si l’Etat demande trop de choses, on ne pourra pas rouvrir" prévient le propriétaire de Festyland

Beaucoup d’autres sites sont dans le même cas en Normandie : la cité de la mer à Cherbourg, le Mémorial de la paix à Caen ou le parc de la Bocasse au nord de Rouen attendent eux aussi un feu vert du gouvernement




 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
coronavirus santé société déconfinement
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter