Coronavirus- TEMOIGNAGE en Normandie : “Je vais bien, je suis juste extrêmement fatiguée”

Elle vit confinée chez elle et va bien, juste extrêmement fatiguée. / © PUAUD/LELOCHE-FRANCETELEVISION
Elle vit confinée chez elle et va bien, juste extrêmement fatiguée. / © PUAUD/LELOCHE-FRANCETELEVISION

Nous changerons le prénom de cette personne qui a été dépistée positive au Coronavirus ces derniers jours à Biéville-Beuville dans le Calvados. Un peu parcequ'elle redoute d'être ciblée mais surtout pour respecter sa vie privée. C'est son retour d'expérience qu'on a envie de lire, avant tout. 

Par Alexandra Huctin

Nous choisirons donc le prénom Isabelle. Cette jeune retraitée de Biéville-Beuville dans le Calvados vit confinée depuis 8 jours chez elle. Quelques jours plus tôt, elle a contracté le virus pendant un séance collective de gym douce. En 48 heures, une fièvre est venue lever le doute chez elle. Le test a officialisé sa contamination au Covid19. "La faute à pas de chance", comme elle dit. Mais heureusement , pour elle, aucun signe de complication ne s'est manifesté. C'est pas toujours le cas. 

 

-Comment vous sentez-Vous ? 


De mieux en mieux. Mais je suis encore extrèmement fatiguée. Le premier des symptômes, ça reste la fatigue. J'ai des copines qui sont malades également et c'est ce qui revient le plus : nous sommes toutes très fatiguées.  Avec des symptômes d'une personne à l'autre très fluctuants : la fièvre, les maux de tête et moi j'ai eu des problèmes gastriques, également. 


- Et votre moral est bon ? 


Et bien ça va plutôt pas mal mais "bon" c'est un grand mot parce que je ressens une tension autour de moi. On sent qu'il y a autour de nous un grand mal être et l'angoisse du lendemain. Je fais pourtant partie de ces gens plutôt optimistes dans la vie mais, là, le fait d'avoir à porter un masque me fait peur. Et je redoute que les gens me regardent comme une pestiférée. 
J'ai peur aussi de contaminer quelqu'un, bien évidement. Tout en me disant que j'ai moi-même été contaminée par quelque'un qui n'y est absolument pour rien.
 

-Vous vous sentez coupable ?


Ah non! Je le serais si j'avais, dès le diagnostique connu, continué à me promener sans masque. Mais là pas du tout. Dès que j'ai eu les  premiers symptômes, j'ai, de moi-même, tout de suite, appelé toutes les personnes avec qui j'ai eu des contacts.


J'ai fait tout ce qu'il fallait dès que j'ai su. Je me dis juste que j'ai pas de chance ! 

 
Témoignage- coronavirus


Isabelle a refusé de ses laisser raconter les petites histoires ou les rumeurs venues de Chine . La faute à qui tout ça ?
Elle ne veut pas qu'on lui raconte n'importe quoi, puisque pour l'instant rien n'est vraiment sûr. Elle reste rationnelle. C'est d'ailleurs ce qui l'aide à surmonter cette épreuve. Un reflexe de protection qui lui permet de se raccrocher à l'essentiel : ni elle, ni ses copines n'ont développé de forme grave. 
 

-Vous être en quarantaine encore combien de temps ? 


Je pense que dans une semaine, je serai guérie. (ndlr : cela fera deux semaines et deux jours depuis la contamination présumée.)Mais autour de moi, on n'en sera pas sortis.


J'ai hâte que les choses reprennent leur cours. On a besoin de se retrouver tous ensemble, sans risque et sans être sur nos gardes. Vous en connaissez-vous des gens qui ont envie que ça dure?



Isabelle n'aime pas employer le mot crainte, il y a comme une peur de l'autre qui se cache derrière ces 7 lettres : le piège à éviter, surtout dans une période de crise. Dans sa petite commune d'à peine 4000 habitants, on ne s'attendait pas à vivre une chose pareil, "c'est comme un nuage gris qui passe au-dessus de nos têtes. On vit vraiment une période où rien n'est simple."

 

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