Tremblement de terre près de Caen : "j'ai cru que c'était un camion qui s'était renversé avec sa citerne"

Publié le Mis à jour le
Écrit par CM
Illustration : Un relevé sismographique
Illustration : Un relevé sismographique © AltoPress / Maxppp

Un tremblement de terre d'une magnitude de 2,5 a été enregistré ce lundi 15 novembre autour de Caen au petit matin. Ce phénomène, de faible intensité, n'a rien d'exceptionnel dans la région.

A Sannerville, les personnes rencontrées par notre équipe ce lundi après-midi le confirment : le réveil a été quelque peu mouvementé. "J'étais profondément endormie quand tout à coup j'ai été réveillée par un grondement de tonnerre on va dire", raconte une habitante de la commune, "J'ai eu l'impression qu'il y avait de l'orage. Or, ce n'était pas prévu à la météo. Ça m'a un petit peu étonné, j'ai écouté et puis je me suis rendormie." D'autres en revanche n'ont pas pu retrouver les bras de Morphée. "Les carreaux ont bien vibré", témoigne un retraité, "Ça a duré environ 30 secondes. Ce n'était pas le mur du son, ce n'était pas une bombe, mais j'ai cru que c'était un camion qui s'était renvers avec sa citerne."

La terre a bel et bien tremblé ce lundi matin à Caen à 6 h 03, comme le confirme le Réseau National de Surveillance Sismique sur son site internet. Un séisme d'une magnitude de 2,5 a été enregistré, un événement "révisé et confirmé par un analyste" indique le site qui lance un appel à témoignage. Si la magnitude, l'énergie libérée par le séisme, est enregistrée par des appareils de mesure, l'intensité de l'évènement, son caractère destructeur, nécessite la mise en place d'une enquête macrosismique

Le tremblement de terre qui a ébranlé l'agglomération caennaise ce lundi matin (les communes de Colombelles, Blainville-sur-Orne, Ifs et Mondeville sont les plus proches de l'épicentre) apparaît d'ores et déjà comme mineur et peu exceptionnel. Il y a un an environ, un séisme oscillant entre 3,1 et 3,5 avait été enregistré dans le Coutançais. l'épicentre se situait entre Agon-Coutainville et Hauteville-sur-Mer. En 2014, c'est dans le Nord-Cotentin que la terre avait tremblé (3,1). Et en en 2011, Courseulles-sur-Mer avait été légèrement secoué par un séisme de 4,5. 

Dans le dernier zonage sismique en date (2011), une large partie ouest de l'ex Basse-Normandie est classée en niveau 2, soit un risque sismique faible mais qui impose certaines règles en terme de construction. Ce risque, on le rappelle mineur, est bien connu des historiens et des spécialistes. Depuis le IXe siècle, plus de 110 tremblements de terre ont été ressentis dans la région. Le plus significatif a été signalé à Caen en 1775, avec une secousse d'intensité estimée à 7, qui a ébranlé les bâtiments sans entraîner de destructions.

Pour expliquer ce phénomène récurrent, il faut remonter plusieurs millons d'années en arrière. Si on regarde la carte de France des risques sismisques, on s'aperçoit très rapidement que ce sont les zones montagneuses (Alpes, Pyrénées) qui sont les plus touchées. En Normandie, le point culminant est situé au signal d'Ecouves, dans l'Orne, à 413 mètres. Il s'agit du deuxième plus haut sommet du massif armoricain. Un massif qui par le passé n'avait rien à envier aux plus hauts sommets de la planète et qui englobe la partie ouest de la Normandie. Selon les géologues, ce sont les failles, qui ont donné naissance à cette chaîne de montagne, qui expliqueraient ces phénomènes sismiques récurrents dans la région. 

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