Université de Caen: les examens menacés par l'occupation d'un amphithéâtre ?

Depuis le 18 avril, l'amphithéâtre Alexis de Tocqueville, l'un des plus importants de l'université de Caen, est occupé par des opposants à la loi travail
Depuis le 18 avril, l'amphithéâtre Alexis de Tocqueville, l'un des plus importants de l'université de Caen, est occupé par des opposants à la loi travail

L'amphithéâtre Tocqueville, l'un des plus importants de l'université de Caen, est occupé depuis le 18 avril par des opposants à la loi travail. Alors que les examens de fin d'année commencent, cette occupation compromet leur bonne organisation selon la direction de la fac. Et crée des tensions.

Par F3Normandie

L'histoire a été confirmée par le président de l'université de Caen auprès d'une de nos équipes. Dans la nuit de samedi à dimanche, un groupe de personnes cagoulées et munies de bâtons a tenté de déloger les occupants de l'amphithéâtre Tocqueville. L'intervention des agents de sécurité a permis d'éviter l'affrontement. Cet incident survient alors que les examens de fin d'année débutent, notamment en droit. Depuis le début du mouvement contre la loi travail, l'université de Caen a été le théâtre de plusieurs blocages. Mais celui de l'amphithéâtre Alexis de Tocqueville, l'un des plus importants du campus avec ses 500 places, semble être la goutte d'eau qui fait déborder le vase.

Particulièrement remonté, le doyen de la fac de droit et AES, Thierry Le Bars, qui a déjà eu maille à partir avec certains bloqueurs lors de l'élection du président de l'université (le vol d'une urne a entraîné une bagarre). Ce dernier a adressé le 22 avril dernier un long mail aux 2700 étudiants de son département. Tout en appelant les étudiants au calme, il dénonce l'action d'"activistes inspirés par une idéologie anarchisante, dont le but est de semer le chaos afin d'aboutir à la révolution dont ils rêvent" mais aussi "la passivité des pouvoirs publics".

Pas de réponse de la préfecture

Plus posé, le nouveau président de l'université de Caen confirme ce dernier point. "L'évacuation d'un amphi, c'est quelque chose de risqué, qui peut amener à des débordements donc ça ne peut être fait que par les forces de l'ordre. Depuis la semaine dernière, j'ai effectivement averti la préfecture qu'il faudrait, probablement, à un moment ou un autre, envisager l'évacuation de cet amphithéâtre. Et je n'ai pas de réponse".

Pour Pierre Denise, aucun ultimatum n'a été lancé par la fac aux bloqueurs. Cette semaine, des aménagements ont été trouvés pour pallier l'"indisponibilité" de l'amphi Tocqueville. Mais, "à partir de la semaine prochaine, on a absolument besoin de cet amphithéâtre, sauf à vouloir délocaliser ces examens à distance voire même louer des surfaces au palais de congrés ou autre. Ce dont on n'a pas les moyens financiers. Même si je comprends ce qui a pu la motiver, pour les personnes de bonne foi, je ne peux pas accpeter cette occupation illégitime. Ca introudit une altération du service public et cette altération se retourne contre le public lui-même, c'est à dire contre les étudiants et plus particulièrement les étudiants démunis, ceux qui ont le plus besoin d'uiniversité qui fonctionne normalement ".

Reportage de Florent Turpin et Patrick Mertz
Intervenants:
- Pierre Denise, président de l'université de Caen
- Thierry Le Bars, doyen de la faculté de Droit

Occupation de l'amphi Tocqueville

 

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