Violences conjugales : le maire de Cabourg retrouve son ex-épouse au tribunal pour la troisième fois

Tristan Duval et Solène Mauget se sont violemment disputés en pleine rue le 7 août 2018. Les deux ex-époux ont été à tour de rôle condamnés dans cette affaire. Ils se retrouvent trois ans plus tard en appel.

Le maire de Cabourg, Tristan Duval, à son arrivée ce vendredi matin à la cour d'appel de Caen
Le maire de Cabourg, Tristan Duval, à son arrivée ce vendredi matin à la cour d'appel de Caen

Voilà bientôt trois ans que les ex-époux Duval se déchirent dans les tribunaux. Ils se sont retrouvés ce vendredi matin pour une troisième et sans doute ultime fois devant la cour d'appel de Caen. Cette triste histoire commence le 7 août 2018. Vers 22 h 30, le couple, en pleine rue, se dispute violemment. "Des photos ont été prises. Elle a le visage tuméfié, des griffures et une côte cassée", déclare quelques jours plus tard Me Stéphane Sebag, l'avocat de l'épouse du maire de Cabourg qui a décidé de porter plainte.

Le 10 octobre de la même année, Tristan Duval comparait devant le tribunal correctionnel de Caen pour violences agravées sur son épouse. L'élu local nie farouchement les faits mais peine à convaincre le procureur de la République de Caen qui requiert à son encontre huit mois de prison avec sursis. Plaie à l'arcade, hématome à la pommette, trace à l'omoplate, côte fracturée et incapacité totale de travail de 14 jours : les constatations médicales plaident en faveur de la victime. Le maire de Cabourg est condamné à trois mois de prison de sursis.

L'élu calvadosien fait appel et contre-attaque. Solène Mauget est à son tour convoquée devant le tribunal correctionnel de Caen pour "violence volontaire suivie d'incapacité inférieure à 8 jours". Malgré l'avis du Parquet qui avait requis la relaxe, elle est condamnée à une amende de 1500 euros. Une décision "incompréhensible" et"scandaleuse", selon l'avocat de l'ex-épouse de Tristan Duval qui entraîne un appel.

Le maire de Cabourg devait être rejugé le 8 janvier dernier. Mais la justice a décidé de renvoyer l'affaire au mois d'avril afin d'examiner les deux appels en même temps. Une décision qui satisfait l'avocat de Tristan Duval. "Il est rappelé que les faits en cause dans ces deux procédures se sont déroulés dans la même unité de temps et de lieu. Cette jonction permettra ainsi au juge d'apprécier les faits dans leur globalité", indique Me Benjamin Louzier.

Les deux protagonistes plaident la légitime défense

Ce vendredi matin, les deux ex-époux ont campé sur leurs positions. "Je n'ai jamais violenté Solène, je n'ai d'ailleurs jamais été violent avec qui que ce soit", clame Tristan Duval à la barre. Solène Mauget maintient sa version des faits : c'est bien son ex-mari qui s'est montré violent, elle n'a fait que se défendre. Rappelant la condamnation de sa cliente en première instance, son avocat, Me Marie-Alix Canu-Bernard, déclare que "c'est un signal compliqué à entendre pour toute victime de violences conjugales ou de violence tout court, qu'il s'agisse d'une femme ou d'un homme car cela reviendrait à dire que celui qui est victime de coups doit rester sans rien faire, sans bouger pour surtout éviter qu'on puisse lui reprocher d'en avoir donné."

Solène Mauget, l'ex épouse de Tristan Duval, et son avocate
Solène Mauget, l'ex épouse de Tristan Duval, et son avocate © Thierry Cléon

Du côté de la partie adverse, on tient sensiblement le même discours. "La violence est aussi scandaleuse sur une femme que sur un homme", déclare Me Benjamin Louzier, qui invoque, lui aussi, la légitime défense de son client. "M Duval a répondu en repoussant Mme Mauget qui se jetait sur lui. Il la repousse contre un grillage et donc il est normal qu'il y ait des blessures physiques", indique l'avocat du maire de Cabourg, "On a démontré par des expertises médicales qu'aucun coup n'avait été porté par M Duval, ni un coup de poing, ni un coup dans les côtes."

Le Parquet a requis à l'encontre de Tristan Duval une peine similaire à sa première condamnation (soit trois mois de prison avec sursis) ainsi qu'une amende, avec sursis, à l'encontre de Solène Mauget. La cour d'appel de Caen rendra sa décision le 18 juin prochain.

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