Cairon retrouve le coq sur son clocher, celui "qui annonce la lumière et qui fait face aux difficultés de la vie"

C'est, mieux qu'un symbole, une part de l'identité de cette commune. Le coq a été réinstallé aujourd'hui au sommet du clocher après s'être refait une beauté. Il scintille au gré des vents, fier et brave, forcément.
Le coq de l'église de Cairon est hissé en haut du clocher par l'architecte François Jacquemard qui est en charge des travaux de l'église.
Le coq de l'église de Cairon est hissé en haut du clocher par l'architecte François Jacquemard qui est en charge des travaux de l'église. © France 3 Normandie
La commune de Cairon aurait-elle entrepris de faire restaurer son coq si l'église n'avait pas elle-même fait l'objet de travaux ? Ce n'est pas certain. Il aura fallu dix années de patience pour que la restauration de l'édifice puisse enfin être engagée. "C'est une église du XIIe qui a connu des batailles pendant la guerre de cent ans. Elle a traversé le temps, tant bien que mal", indique le maire, Dominique Rouzic. "Il n'y a plus de service religieux. Vu son état, il n'était plus possible d'y accueillir du public. On voulait faire quelques travaux de consolidation. Mais on y met le doigt, le bras y passe". 600 000 € sont investis pour refaire la toiture et rafraîchir l'intérieur.

Il n'eut pas été pensable que le coq échappât à un petit toilettage. Depuis au moins 150 ans, il bravait fièrement les éléments tout en veillant sur la communauté. La pluie, le vent et les rayons du soleil avaient eu raison de son éclat. Après un petit séjour en villégiature à la fonderie de Villedieu-les-poêles, il est revenu tout pimpant. Avant que de s'en retourner tout en haut du clocher, il méritait bien une petite cérémonie, avec ruban tricolore, discours, journalistes et vin d'honneur.
Le père Lair et l'architecte François Jacquemard devant l'église de Cairon
Le père Lair et l'architecte François Jacquemard devant l'église de Cairon © Jean-Yves Gelebart / France Télévisions
"Des coqs, on en trouve un peu partout depuis le VIe siècle, précise François Jacquemard, l'architecte en charge des travaux de l'église. C'est l'animal qui annonce le lever du soleil. Quelque part, il signale l'arrivée de la lumière. C'est un animal qu'on retrouve dans beaucoup de civilisations anciennes. Les Gaulois en ont fait un emblème."

"Le coq est l'intermédiaire entre le ciel et la terre"

En haut de l'échauffaudage, unis dans un même geste, le maire, le curé et l'architecte tournent symboliquement autour de la flèche en portant ce coq. "Un tour pour les chrétiens, un tour pour le maire, et un tour pour les habitants", résume le père Lair, le curé de Douvres venu pour la bénédiction. Si pour les Républicains le coq incarne le peuple, dans la religion catholique, il est l'animal qui tient le diable à l'écart.

"Il est l'intermédiaire entre le ciel et la terre, proclame l'architecte en posant le coq sur son axe. Il est toujours face au vent. Il fait face aux difficultés de la vie et aux dangers du monde qui nous entoure". Et de conclure, non sans lyrisme (mais l'animal a ce pouvoir de galvaniser...) : "le coq nous recommande de rester vigilant car la lumière peut autant surgir que disparaître à tout moment". Cocorico !
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
patrimoine culture histoire