Une escale forcée de plusieurs mois à Hérouville-Saint-Clair pour un géant des mers

Depuis le 7 mai dernier, le paquebot World Odyssey est stationné dans le bassin d'Hérouville-Saint-Clair. Cette escale forcée par la situation sanitaire devait initialement durer trois mois. Mais elle s'éternise.

Sur le canal de l'Orne, le World Odyssey fait désormais partie du paysage
Sur le canal de l'Orne, le World Odyssey fait désormais partie du paysage
Sa silhouette massive fait désormais partie du paysage. Les joggeurs et cyclistes la croisent depuis déjà plusieurs mois quand ils empruntent les berges du canal de Caen. Et se sont habitués. La présence d'un paquebot de croisière en sommeil sur le canal de l'Orne n'est pourtant pas banale, surtout sur une période aussi longue.

Car quand le World Odyssey est arrivé le 7 mai dernier avec à son bord un équipage de 54 personnes (contre 200 habituellement), il était censé voguer vers d'autres horizons à la fin du mois de juillet. Quatre mois plus tard, une poignée de marins, confinés, continuent d'assurer la maintenance et le géant de 175 mètres de long et de 23 mètres de large est toujours à quai. Un navire quasi fantôme faute de voyageurs.
© JY Gélébart

Le paquebot cinq étoiles avec ses près de 300 cabines, sa piscine et son théâtre, s'est retrouvé à l'arret avec l'épidémie de coronavirus.  Plus de croisière. Mais pour lui, le confinement s'éternise. Au printemps et en été, "il est affretté par des universités américaines durant un semestre", explique Antoine de Gouville, directeur des équipements portuaires à la CCI de Caen, "les universités américaines, compte tenu de la situation sanitaire, ont décidé d'annuler leurs cycles d'enseignement en mer.

Une source de revenu pour le port de Caen

Le port de Caen accueille de temps en temps des bateaux de croisière en hivernage. Mais sur une période aussi longue, "c'est assez exceptionnel", indique Antoine de Gouville. Une durée qui occasione plus d'avantages que d'inconvénients pour le port de Caen. "Ce quai est peu fréquenté, alors la gêne est faible. Ça ne compensera pas toutes les pertes qu'on peut avoir ailleurs du fait de la situation sanitaire mais c'est une petite source de revenu supplémentaire."

Et la source pourrait ne pas se tarrir de sitôt. Tout dépendra de son autre client, un voyagiste allemand, qui utilise le World Odyssey (sous le nom "MS Deutschland") les six autres mois de l'année à partir de novembre.
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