La 39e campagne des "Restos du cœur" s'ouvre ce mardi 21 novembre 2023. Le Secours Catholique, lui, est déjà en pleine collecte. Et les maraudes se poursuivent tous les soirs pour la Croix Rouge. Mais cette année, en Normandie, les associations caritatives doivent faire face à la crise et s'adapter.

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Âgé de 85 ans, Laurent touche une petite retraite atteignant péniblement les 800 euros. Et une fois qu'il a payé ses factures, il ne lui reste que très peu pour vivre et boucler ses fins de mois.

"L'inflation, c'est terrible !"

Le retraité a donc envoyé son dossier aux Restos du Cœur. Mais cette année, il aura moins de points, et par conséquent, moins de denrées alimentaires : 

"C'est la première fois que ça m'arrive, il faut subir et faire avec. Il n'y a rien qui va actuellement. L'inflation, c'est terrible !".

Laurent, 85 ans

Bénéficiaire des Restos du coeur

Des conditions d'admissions plus dures

En effet, pour la première fois de leur histoire, les Restos du Cœur sont contraints de durcir leurs conditions d’admission. Le montant du "reste à vivre" donnant droit à une aide a ainsi été abaissé de plus de 200 euros.

À Alençon, dans l'Orne, par exemple, entre 5 et 10% des personnes qui ont été accueillies l’hiver dernier ne le seront pas cette année. Mais ici, l'association, comme partout ailleurs en France, n'a plus le choix : "On est obligé de refuser du monde, car on reste sur le barème de l’été. C'est la crise et pour qu'on puisse suivre moins de familles sont validées. On manque cruellement de denrées et en parallèle, on a donc aussi un problème de distribution de repas. On était à neuf repas par personne avant, on en est à sept aujourd'hui ! Les gens vont le ressentir dans le panier qu’on va leur faire passer. C'est dramatique d'en arriver là" nous confie Francis Somnard, responsable du centre d'activité d'Alençon.

Même constat au Secours Catholique de Lisieux dans le Calvados : "Notre stock de produits alimentaires diminue alors que de plus en plus de personnes nous sollicitent. On constate une augmentation de la demande de bénéficiaires qui se situe entre 10 et 15 %. De plus en plus de mères seules, des veufs et veuves et des jeunes inactifs ont besoin de nous", nous explique Joël Corroyer, président de l’association depuis 2015.

"Lors des précédentes collectes, on a pu constater que les gens donnaient moins. Entre l'augmentation du prix de la nourriture et le prix de l'énergie, le reste à vivre pour les citoyens a considérablement baissé ! Des collectes seront organisées dans les grandes surfaces de la ville du vendredi 24 au dimanche 26 novembre, on espère que les dons seront aux rendez-vous. Même les petits dons", précise ce dernier.

Produits d'hygiène et vêtements recherchés

"On a besoin de tout type de dons. De l'alimentaire évidemment, mais on s'en sort à peu près", nous explique, de son côté, Mélanie Ruel, directrice territoriale de l'action sociale à la Croix Rouge pour le département du Calvados. Elle ajoute :

"On a beaucoup de mal à récupérer des produits d'hygiène et ménager qui forcément coûtent cher. Les gens n'y pensent pas forcément, mais les bénéficiaires en ont vraiment besoin"

Mélanie Ruel

Directrice territoriale de l'action sociale à la Croix Rouge du Calvados

À la Croix Rouge aussi, on constate que les collectes sont de plus en plus compliquées avec la crise : "Les gens donnent moins. Mais c'est encore à la sortie des supermarchés qu'on arrive le mieux à collecter. Les dons d'argents se font beaucoup plus rares vu la conjoncture économique".

Et ici aussi, l'association constate que le nombre de personnes dans le besoin augmente : "On fait de la distribution alimentaire dans notre local de Caen, on est à 400 familles par semaine, soit 900 personnes. On fait également des maraudes tous les soirs à Caen grâce aux dons des invendus de 14 boulangeries. On aide des étudiants et on a aussi mis en place une maraude dans la campagne normande sur une soixantaine de foyers, soit 169 personnes, ajoute Mélanie Ruel. On est donc aussi preneur de vêtements pour aider ces gens".

Toutes ces associations caritatives se battent et continueront à se battre pour aider les personnes dans la nécessité.