A Lisieux, dans l'usine qui fabrique le Doliprane : "On sait pourquoi on travaille !"

La production de l'usine Sanofi de Lisieux a augmenté de 50 % depuis le début de l'épidémie. Les 250 salariés se démènent afin de pouvoir répondre aux besoins. Le Doliprane est le plus vendu des médicaments à base de paracétamol, l'antalgique indiqué pour lutter contre la fièvre due au Coronavirus.
Les boîtes qui contiennent plusieurs centaines de gélules sont destinées aux hôpitaux
Les boîtes qui contiennent plusieurs centaines de gélules sont destinées aux hôpitaux © Pierre-Marie Puaud / France Télévisions
Ils ne sont pas dépaysés : le masque, les opérateurs le portent chaque jour, tout au long de l'année. L'industrie pharmaceutique est soumise à des règles d'hygiène draconiennes. L'épidémie de Covid-19 a pourtant bouleversé le quotidien de cette usine qui fonctionne en continu, 24h/24. À chaque prise de service, les salariés doivent prendre leur température, afin d'écarter tout risque d'introduction du virus à l'intérieur de l'usine. Et depuis quelques semaines, seules les personnes indispensables au service sont autorisées à pénétrer dans le bâtiment où est fabriqué le médicament.

15 millions de comprimés par jour...


"Nous voulons éviter tout incident de production, tout risque de contamination extérieure", justifie Arnaud Paire, le responsable de la production et de la maintenance. Le groupe Sanofi ne peut pas se permettre la moindre interruption de sa chaîne de production, même momentanée. Depuis le début de l'épidémie, la capacité de l'usine est poussée à son maximum. "En temps normal, nous fournissons un million de boîtes par jour. Actuellement, nous oscillons entre 1,4 et 1,5 millions de boîtes", explique le directeur Christophe Maillet qui se dit lui-même "bluffé" par ce tour de force dû à "l'implication du personnel".
 
© Pierre-Marie Puaud / France Télévisions

La Doliprane a été mis au point en 1964. Il fut longtemps fabriqué à Saint-Jean-de-Livet, à quelques kilomètres de Lisieux, jusqu'à la construction de l'actuelle usine en 1982. Le comprimé dans sa petite boîte jaune est un médicament  vedette. Il est au paracétamol ce que Frigidaire fut au frigo. La marque est presque devenue un nom commun. Le paracetamol est certes tombé dans le domaine public. Il est aujourd'hui vendu en générique. D'autres marques, le Dafalgan, l'Efferalgan, ont aussi investi le marché. "Mais le Doliprane représente plus de 60 % du paracétamol vendu en France", souligne Christophe Maillet.
 

"On est tous soudés pour que les machines tournent au maximum. On sait pouyrquoi on travaille"


La recette est jalousement tenue secrète. "Le médicament est composé de paracétamol et d'excipients. C'est un antalgique efficace pour lutter contre les douleurs et la fièvre. Les symptômes du Covid-19 sont justement la douleur et la fièvre. C'est assez logique que la demande soit forte". Au début du confinement, les gens se sont rués dans les pharmacies pour procéder à des achats préventifs. Depuis, un rationnement du paracétamol a été instauré. "C'est ce qui a permis d'éviter une rupture d'approvisionnement. Mais la demande reste forte. Il faut y répondre, et reconstituer les stocks". L'usine de Lisieux produit aujourd'hui des comprimés, des gélules, des suppositoires et des sachets, à raison de 15 à 17 millions d'unités chaque jour...
 

Dans un communiqué, la direction de l'usine ajoute : "Le personnel est conscient que notre métier nous place aussi en première ligne dans la gestion de la crise en soutien aux professionnels de santé afin d’assurer notre obligation de santé publique et éviter de rajouter une pénurie de médicaments à la crise sanitaire actuelle". 

Une bonne part de la production est en effet destinée aux hôpitaux afin de soigner les malades atteints du Covid. Sur la chaine de conditionnement, les boîtes qui leur sont destinées sont assez facilement reconnaissables. Antoine Guillouard, conducteur de ligne voit défiler ces emballages qui contiennent chacun plusieurs centaines de gélules. "En ce moment, on est tous soudés, tous solidaires pour que les machines tournent au maximum, pour éviter les pannes, les arrêts. En ce moment, on sait pourquoi on travaille !"

 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
covid-19 santé société industrie économie