Tensions sur le paracétamol. "L'usine tourne à plein régime", indique l'usine Sanofi de Lisieux

L'Agence du médicament (ANSM) a appelé mercredi à limiter la vente de paracétamol à 2 boîtes par patient et la prescription aux besoins immédiats, pour éviter des tensions d'approvisionnement. Du côté de l'usine Sanofi de Lisieux, la fabrication du médicament tourne, elle, à plein régime.

Le paracétamol viendrait-il à manquer ? S'il n'y a pas de pénurie à craindre selon les laboratoires qui produisent cet antidouleur, l'Agence du médicament (ANSM) a toutefois préféré modérer son utilisation. À l'approche de la saison hivernale et de reprise de l'épidémie de Covid-19, l'ANSM explique vouloir éviter toutes tensions d'approvisionnement de ces médicaments. Ces tensions durent depuis plusieurs mois, en raison de difficultés de production et de l'augmentation des consommations liées au covid.

À l'usine Sanofi de Lisieux, la production de paracétamol tourne, elle, "à plein régime", 24h/24, 7 jours sur 7, a indiqué Sanofi, contacté ce vendredi matin. "Toutes les équipes des deux sites de production - Lisieux et Compiègne - ainsi que nos sites de distribution sont mobilisées pour répondre au mieux aux besoins des patients et à la demande", ajoute la communication de l'entreprise.

Dans ce site, l'un des plus importants du groupe, 260 personnes travaillent et 236 millions de boîtes de "Doliprane" son fabriquées chaque année. En France, ce sont les laboratoires Upsa qui produisent les "Efferalgan" et "Dafalgan", d'autres marques de paracétamol, dans le Lot-et-Garonne.

Reportage France 3 à l'usine Sanofi de Lisieux, le 16 avril 2020 : la production de l'usine Sanofi de Lisieux avait augmenté de 50 % depuis le début de l'épidémie de covid-19.

Paracétamol : pas plus de 2 boîtes par patient sans ordonnances

L'ANSM réitère les recommandations qu'elle avait déjà formulées cet été. Depuis juillet, les pharmacies sont déjà soumises à "un contingentement quantitatif", des livraisons rationnées, pour préserver les stocks disponibles dans le temps. Elle rappelle aux professionnels qu'il faut "privilégier" la vente sur ordonnance et adapter la dispense de paracétamol "aux besoins réels" des patients. 

L'autorité du médicament demande également aux médecins de ne prescrire du paracétamol qu'en cas de "besoin immédiat" et de réduire, si possible le nombre de prises par jour. Enfin, elle recommande aux patients de ne pas constituer de stock.

L'autorité du médicament assure que la production de paracétamol a été "optimisée" pour permettre un approvisionnement continu sur l'ensemble du territoire.

Quelle situation dans les pharmacies normandes ?

"On a des pénuries sur les formes pédiatriques. On a du mal à avoir du 200, du 300, en sachet, en stick", indiquent les deux docteures en pharmacie de l'officine Danjou du centre-ville de Caen. Mais pour ce qui est des doses classiques pour adultes, "les gens ne surstockent par le Doliprane. Ils comprennent la limitation."

Même son de cloche du côté de la pharmacie Pont-Saint-Jean de Bayeux. "Nous, on ne constate pas de ruées sur le paracétamol. On n'a pas de problèmes particuliers", renchérit Mathieu Chauvin, docteur en pharmacie. En revanche, selon ce Pharmacien, la tension autour du paracétamol est "l'arbre qui cache la forêt". De vraies pénuries sur d'autres médicaments existent : "On a de vrais problèmes sur l'approvisionnement dans certains médicaments indispensables aux traitements des patients qui vont toucher la sphère cardiaque, des médicaments contre le diabète... Là on est plus embêté parce qu'on est obligé de se mettre en relation avec le prescripteur et parfois de modifier le traitement suite à une rupture. Cela vaut pour toutes les pharmacies, sur tout le territoire. C'est notre quotidien. En ce moment, la situation s'empire."